L’indice du dollar a poursuivi sa dépréciation début décembre, atteignant un plus bas de 99,40 à 99,50, sous la pression des anticipations d’un assouplissement monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed) et d’une conjoncture économique américaine moins robuste. Cette faiblesse s’est traduite par sa plus mauvaise semaine depuis quatre mois.
Le marché anticipe désormais massivement une baisse de 25 points de base des taux d’intérêt lors de la réunion de la Fed en décembre, ce qui réduit l’attrait du dollar en raison de la diminution des avantages liés aux différentiels de taux d’intérêt. Cette évolution est d’autant plus marquée que la fermeture partielle du gouvernement américain a perturbé la publication de données économiques clés, créant une incertitude qui, traditionnellement, soutiendrait la valeur du dollar. Or, les données disponibles suggèrent un ralentissement de l’économie américaine.
La confiance des consommateurs a fortement chuté, témoignant d’une prudence accrue des ménages concernant l’emploi et leurs revenus. Ces données, combinées à d’autres indicateurs pointant vers un ralentissement économique, affaiblissent l’argumentaire en faveur de taux d’intérêt élevés et renforcent la perception d’un « atterrissage en douceur » et d’un assouplissement monétaire plus rapide. Les marchés intègrent de plus en plus la possibilité que la Fed continue de baisser ses taux non seulement en décembre, mais également au premier trimestre 2026.
Si certains responsables de la Fed, comme Waller et Daly, ont adopté un ton accommodant, le président Powell a souligné que la réduction des taux n’était pas automatique. Cette prudence, ainsi que la présence d’une aile plus conservatrice au sein du comité de politique monétaire, limitent pour l’instant la baisse du dollar. L’incertitude quant à la nomination du prochain président de la Fed, avec la possibilité d’un profil plus conciliant que celui de Jerome Powell, pourrait également favoriser une politique monétaire plus souple à moyen terme.
Sur le plan géopolitique, l’intensification des efforts diplomatiques autour d’un plan de paix pour la guerre en Ukraine contribue à un regain d’appétit pour le risque à l’échelle mondiale. La reprise des actifs russes et la baisse des prix du pétrole suggèrent une évolution vers un scénario plus maîtrisé, réduisant ainsi la demande d’investissements refuges comme le dollar. Les tensions au Moyen-Orient, notamment à Gaza, sont pour l’instant considérées comme un risque « gérable » par les marchés, sans exercer de pression directionnelle significative sur le DXY.
Les politiques monétaires des autres grandes banques centrales influencent également la dynamique du dollar. La Banque du Japon (BoJ) a signalé qu’elle évaluerait les avantages et les inconvénients d’une éventuelle modification de sa politique lors de sa réunion de décembre, ce qui a renforcé les anticipations d’un resserrement monétaire après des années de politique ultra-accommodante. En conséquence, le yen s’est apprécié face au dollar, ce qui, compte tenu de sa place importante dans le panier du DXY, contribue à la baisse de l’indice.
Dans la zone euro, la croissance et l’inflation présentent un tableau « modéré mais pas alarmant ». La Banque centrale européenne (BCE) maintient pour l’instant ses taux d’intérêt inchangés et ne signale pas de baisse imminente. L’EUR/USD évolue donc dans une fourchette étroite, tandis que la pression à la baisse sur le DXY provient principalement de l’appréciation du yen et des anticipations d’une baisse des taux d’intérêt aux États-Unis.
Sur le plan technique, le DXY a rebondi vers la limite inférieure du canal haussier à court terme qu’il suivait depuis octobre. La vente autour de 100,50 a fait passer l’indice sous le canal et ses moyennes mobiles à court terme. Le prix teste actuellement la zone de 99 à 99,5, où se situent le bas du canal et la moyenne mobile à long terme. Cette zone est cruciale pour déterminer si la tendance haussière à court terme se poursuivra.
Les niveaux de retracement de Fibonacci confirment cette analyse. Le niveau de 99,72, correspondant au retracement de Fibonacci à 0,236 de la dernière vague haussière, constitue désormais un premier pivot important. La zone de 99,70 à 99,80 est devenue une zone de résistance à court terme. Au-dessus, les seuils psychologiques de 100 et 100,21 constituent les prochaines résistances à surveiller. À la baisse, la moyenne mobile à 3 mois autour de 99 et la zone de 98,50 (Fibonacci à 0,144) offrent un soutien à moyen terme. Si ce niveau est franchi, cela indiquerait une invalidation du canal haussier et pourrait ouvrir la voie à une correction plus importante jusqu’à 96,55.
L’indicateur RSI stochastique, en zone de survente, suggère un potentiel de rebond technique à court terme, mais ce signal n’a pas encore été confirmé par le prix.
L’indice du dollar se trouve actuellement à un point d’inflexion, tant sur le plan fondamental que technique. La décision de la Fed en décembre, ainsi que ses prévisions pour 2026 et le profil de son successeur potentiel, seront déterminantes. L’atténuation des risques géopolitiques et le signal de resserrement de la BoJ continuent également de peser sur le DXY.
La zone de 99 à 99,7 se distingue comme la principale zone où l’indice du dollar déterminera sa direction à court terme. Si la Fed adopte un ton plus prudent que prévu et que les données sur l’emploi restent solides, un rebond au-dessus de 100 et une nouvelle vague haussière vers 101,67 ne seraient pas surprenants. À l’inverse, une trajectoire d’assouplissement plus claire et de faibles données sur l’emploi pourraient déclencher un repli plus profond vers 98,48 et en dessous.
En résumé, l’indice du dollar est à la recherche d’un nouveau catalyseur et d’une direction technique claire. Les signaux de la Fed et du marché du travail dans les prochains jours pourraient déterminer si le canal haussier à court terme sera maintenu et comment la tendance du DXY évoluera.