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Lucian Despoiu, entrepreneur roumain spécialiste du marketing politique, prend le contrôle du

by Amélie Bernard

Publié le 1er décembre 2025 à 14h30. Le site d’information et de débats atlantico change de mains : Lucian Despoiu, un spécialiste des campagnes numériques internationales, en devient l’actionnaire majoritaire, marquant un tournant pour la publication lancée en 2011.

  • Lucian Despoiu, fondateur de la société roumaine Kondiment, prend le contrôle d’atlantico pour un montant supérieur à deux millions d’euros.
  • Jean-Sébastien Ferjou, fondateur d’atlantico, assure que l’indépendance éditoriale de la rédaction sera préservée.
  • L’opération intervient dans un contexte de mutation du paysage médiatique, marqué par l’essor des algorithmes et de l’intelligence artificielle.

Le fondateur d’atlantico, Jean-Sébastien Ferjou, a confirmé ce lundi à l’Agence France-Presse (AFP) la prise de participation majoritaire par Lucian Despoiu. L’information avait été divulguée la veille par La Lettre.

La société Kondiment, fondée par Lucian Despoiu, est désormais actionnaire majoritaire d’atlantico, a précisé Jean-Sébastien Ferjou dans un courriel. L’opération s’élève à « un peu plus de deux millions d’euros ». Lucian Despoiu est également à l’origine de Majoritas, une entreprise spécialisée dans les campagnes numériques, notamment électorales, qui affirme avoir opéré dans plus de 40 pays depuis 2008, selon l’AFP.

« Notre pacte d’actionnaires a toujours protégé l’indépendance éditoriale totale de la rédaction et ça demeure le cas », a affirmé Jean-Sébastien Ferjou. Il explique que Lucian Despoiu a été « séduit par le modèle éditorial d’atlantico et son réseau de plusieurs milliers d’experts (économistes, juristes, chercheurs, politologues, etc.) ». Le site internet revendique entre 1 et 2 millions de visiteurs uniques chaque mois.

« J’ai été pour ma part séduit par son énergie, l’expertise digitale de ses équipes et notre envie commune de projeter atlantico dans la nouvelle ère qui s’ouvre pour les médias, puisque les algorithmes des réseaux sociaux ou l’IA rebattent à nouveau les cartes des modèles économiques », a-t-il ajouté.

Lancé en 2011, atlantico s’était rapidement fait connaître comme un « Mediapart de droite », se distinguant par des révélations telles que l’affaire du « Mur des cons » affiché dans les locaux du Syndicat de la magistrature (SM, gauche) ou la publication d’enregistrements clandestins réalisés par Patrick Buisson, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy à l’Élysée. Le site s’appuie aujourd’hui principalement sur les contributions d’experts.

Initialement gratuit, atlantico est devenu payant et se finance également grâce à la publicité, dans un contexte difficile pour les médias fonctionnant exclusivement sur internet.

Jean-Sébastien Ferjou a également précisé que Charles Beigbeder, l’un des premiers investisseurs, avait « totalement » quitté l’actionnariat. En revanche, le chroniqueur économique Jean-Marc Sylvestre et Stanislas de Bentzmann, dirigeant de la société de conseil en technologies Devoteam, conservent des parts dans le capital de l’entreprise.

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