Home DivertissementC’est dommage qu’Israël soit toujours autorisé à participer au concours Eurovision de la chanson – Joop

C’est dommage qu’Israël soit toujours autorisé à participer au concours Eurovision de la chanson – Joop

by Antoine Girard

Publié le 2024-05-16 14:27:00. La participation d’Israël au prochain Concours Eurovision de la chanson suscite une vive controverse, poussant l’Union européenne de radiodiffusion (UER) à revoir ses procédures, mais sans pour autant apaiser les critiques concernant le conflit israélo-palestinien.

  • Le vote initial sur la participation d’Israël à l’Eurovision a été annulé, mais sa présence au concours semble désormais acquise.
  • L’auteur René Romer dénonce la participation d’Israël comme une légitimation de ses actions en Palestine et critique les mesures prises par l’UER comme insuffisantes.
  • La situation à Gaza et en Cisjordanie, marquée par des violences et des déplacements de population, est au cœur des préoccupations.

L’Assemblée générale de l’Union européenne de radiodiffusion (UER), qui se tiendra à Genève à la fin de la semaine, devait initialement se prononcer sur la participation d’Israël au prochain Concours Eurovision de la chanson. Cependant, selon des informations rapportées par le quotidien néerlandais AD, ce vote a été annulé. Israël devrait donc bien participer à l’Eurovision, la question restante étant de savoir si d’autres pays choisiront de se retirer en signe de protestation.

René Romer, propriétaire de TransCity et auteur, critique vivement la décision de l’UER, estimant que la participation d’Israël est incompatible avec les valeurs de l’intérêt public que sont censées défendre les chaînes de télévision publiques européennes. Il déclare :

« Si vous récompensez la destruction délibérée et totale de la Palestine et du peuple palestinien par de la propagande en faveur des auteurs, cela ne sert évidemment aucun intérêt public. »

René Romer, propriétaire de TransCity et auteur

L’argument selon lequel l’Eurovision est un concours entre diffuseurs et non entre pays est, selon lui, fallacieux. Il souligne que la chaîne publique israélienne soutient ouvertement le conflit et que les modifications apportées aux procédures de vote, comme la limitation du nombre de votes par personne, sont superficielles. Il explique que des individus politiquement motivés peuvent contourner ces restrictions en utilisant plusieurs cartes SIM et adresses IP.

L’UER a également annoncé le retour du jury en demi-finale, mais Romer doute de l’efficacité de cette mesure, rappelant qu’Israël a failli remporter la finale l’année dernière malgré les votes du jury. Il critique également la nouvelle règle interdisant aux diffuseurs et aux artistes de participer activement à des campagnes promotionnelles “disproportionnées”, soulignant que cette mesure est floue et difficile à appliquer.

Pour Romer, ces changements de procédure détournent l’attention du problème fondamental : les “crimes d’horreur barbares” commis par Israël contre le peuple palestinien. Il met en garde contre le risque que le monde détourne à nouveau les yeux des atrocités commises en Palestine.

Il établit un lien direct entre la situation actuelle et le plan en 20 points de Donald Trump, affirmant que la libération des otages israéliens ouvre la voie à des sanctions contre Israël qui étaient auparavant suspendues. Romer avait déjà abordé cette question dans un article précédent.

L’auteur dénonce également la situation à Gaza et en Cisjordanie, où des Palestiniens sont tués quotidiennement. Il évoque l’exécution sommaire de deux Palestiniens non armés à Jénine, en Cisjordanie, et le nombre croissant de victimes à Gaza depuis le cessez-le-feu. Il mentionne également la destruction de bâtiments à Gaza et la création de zones dites “vertes” où les Palestiniens seront relogés sous le contrôle israélien, une situation qu’il compare à un “camp de concentration”.

Il souligne que certains Palestiniens sont contraints de quitter la région en payant des sommes importantes, sans garantie de pouvoir y retourner. Par ailleurs, près de dix mille Palestiniens sont détenus dans des prisons israéliennes, où ils subissent des tortures. L’expropriation des terres palestiniennes et le nettoyage ethnique en Cisjordanie se poursuivent également, avec des attaques contre les Palestiniens et leurs biens.

Romer rappelle que la participation d’Israël à l’Eurovision a toujours été politisée, servant de moyen de masquer l’occupation des territoires palestiniens et l’oppression du peuple palestinien depuis la première participation du pays en 1973. Il estime que la prise de conscience actuelle est due à la visibilité accrue des événements grâce aux smartphones.

L’UER tente désormais de convaincre tous les participants potentiels de soutenir Israël, mais l’Espagne a déjà annoncé qu’elle se retirerait si Israël y participe. Romer espère que la chaîne publique néerlandaise AVROTROS adoptera une position ferme et qu’elle encouragera d’autres chaînes à faire de même.

Il conclut en affirmant que la participation d’Israël légitime implicitement l’un des crimes contre l’humanité les plus graves du siècle.

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