Home AffairesPaz-Cedillos : Ce que la gratitude révèle sur ceux que nous apprécions

Paz-Cedillos : Ce que la gratitude révèle sur ceux que nous apprécions

by Amélie Bernard

Publié le 1er décembre 2025 à 23h55. Au-delà des traditions, l’auteure explore la véritable signification de la gratitude, en la confrontant aux réalités du travail essentiel et aux inégalités sociales, le tout à partir d’une expérience personnelle vécue lors d’une nuit de Thanksgiving.

  • La gratitude, souvent célébrée de manière superficielle, doit s’accompagner d’une reconnaissance concrète de la valeur du travail et de la justice sociale.
  • L’expérience d’une nuit de Thanksgiving passée dans un parking de police met en lumière la dépendance envers les services essentiels et les travailleurs souvent invisibles.
  • Le secteur associatif, bien que porteur de valeurs, est souvent confronté à des difficultés financières et émotionnelles qui mettent à l’épreuve ses acteurs.

La fête de Thanksgiving, avec son récit idéalisé d’une récolte partagée et d’une coexistence pacifique, peine à masquer les tensions et les injustices historiques qui sous-tendent cette commémoration. L’auteure souligne le contraste entre l’image d’une gratitude sereine et la réalité d’une violence passée et présente, notamment envers les populations autochtones. Le partage initial entre les colons et les Wampanoag, souvent mis en avant, est éclipsé par la spoliation ultérieure des terres de ces derniers.

Cette année, la gratitude a pris une tournure inattendue pour l’auteure, qui s’est retrouvée dans un parking de police le soir de Thanksgiving. Son beau-père, victime d’un incident de la route, nécessitait une assistance. Dans cette situation d’urgence, elle a pu constater la solidarité familiale et l’efficacité des services d’urgence. “C’est ce que fait ma famille : pas d’hésitation, juste du mouvement”, témoigne-t-elle, soulignant la force de ce lien affectif.

L’intervention d’un dépanneur AAA, travaillant pendant les fêtes, a suscité une réflexion sur le travail invisible qui permet à la société de fonctionner. Loin des discours grandiloquents, ce professionnel a simplement accompli son devoir, offrant un service essentiel. Cette expérience a conduit l’auteure à penser à tous ceux qui travaillent dans l’ombre, des premiers intervenants aux employés des supermarchés, en passant par le personnel de nettoyage et les soignants. Si la reconnaissance verbale est facile, elle ne suffit pas à valoriser véritablement leur contribution.

L’auteure s’interroge sur la possibilité de dépasser la simple courtoisie pour atteindre une justice structurelle. Elle remet en question l’idée selon laquelle un salaire décent et des avantages sociaux appropriés seraient un luxe réservé à une minorité. Elle pose également la question de la précarité dans le secteur associatif, où la “passion” est souvent invoquée pour justifier des conditions de travail difficiles et un manque de moyens. De nombreuses organisations fonctionnent avec des équipes sous-effectives, chroniquement à court de temps et de ressources, alors qu’elles sont confrontées à des besoins croissants.

L’auteure conclut en appelant à une action concrète, au-delà des simples sentiments de gratitude. Elle souligne que la redistribution des richesses et la mise en place de politiques justes sont plus difficiles que de remercier, mais qu’elles sont essentielles pour construire une société équitable. “La gratitude ne construit pas une société juste. L’action oui”, affirme-t-elle avec conviction.

Jessica Paz-Cedillos, chroniqueuse pour San José Spotlight, est la directrice exécutive de Place du patrimoine mexicain. Ses chroniques paraissent chaque premier lundi du mois. Vous pouvez contacter Jessica à [email protected] ou la suivre sur LinkedIn.

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