Home MondeTrump menace le Honduras s’il perturbe les résultats des élections – DW – 12/02/2025

Trump menace le Honduras s’il perturbe les résultats des élections – DW – 12/02/2025

by Clara Dubois

Publié le 2025-01-13 08:15:00. L’ancien président américain Donald Trump a haussé le ton lundi concernant les élections honduriennes, menaçant de conséquences sévères si les résultats sont manipulés en faveur de son adversaire, Salvador Nasralla, au détriment de son candidat soutenu, Nasry Asfura.

  • Donald Trump a menacé de rompre la coopération avec le Honduras si Nasry Asfura ne remporte pas l’élection présidentielle.
  • Il a qualifié Salvador Nasralla de « presque communiste » et a promis de gracier l’ancien président hondurien Juan Orlando Hernández, condamné aux États-Unis pour trafic de drogue.
  • Le décompte des voix est serré, avec une avance minime pour Asfura, et un contrôle manuel des bulletins de vote a été lancé.

L’intervention de Donald Trump dans la campagne électorale hondurienne a pris une tournure abrupte lundi, avec des menaces directes à l’encontre de toute tentative de manipulation des résultats. Sur sa plateforme Truth Social, l’ancien président américain a averti que le Honduras s’exposerait à de « graves conséquences » si les élections étaient compromises. Cette prise de position intervient alors que le décompte des voix entre Nasry Asfura, un homme d’affaires de 67 ans soutenu par Trump, et Salvador Nasralla, un animateur de télévision de 72 ans, est extrêmement serré.

Trump a accusé Nasralla, candidat du Parti libéral, d’être trop proche de la gauche et l’a qualifié de « presque communiste » en raison de son passé au sein du gouvernement de la présidente Xiomara Castro, avec laquelle il a ensuite rompu. Il a également promis de gracier Juan Orlando Hernández, l’ancien président hondurien condamné aux États-Unis à 45 ans de prison pour avoir facilité le transport de centaines de tonnes de drogue en collaboration avec le cartel mexicain de Joaquín “Chapo” Guzmán. Cette annonce a suscité l’indignation, Trump estimant qu’Hernández a été victime d’un « montage » orchestré par son successeur, Joe Biden.

Les résultats préliminaires donnent Asfura, du Parti national (PN), une avance de seulement 515 voix après le décompte de 57 % des bulletins. Le Conseil national électoral (CNE) a entamé un contrôle manuel des votes, sans préciser de calendrier pour sa conclusion, et a appelé à la « patience ». Asfura a déclaré être prêt à collaborer avec les États-Unis, qui accueillent deux millions de Honduriens et constituent le principal partenaire commercial du pays. Nasralla, quant à lui, a dénoncé une « désinformation malveillante » de la part de ses adversaires et a affirmé qu’il ne pourrait perdre que s’il y avait « tricherie ».

L’intervention de Trump est perçue par certains comme une tentative de punir la gauche au pouvoir, dirigée par Castro, qui a pris ses fonctions en 2021 après plus d’une décennie de polarisation politique suite au coup d’État contre son mari, Manuel Zelaya. Les élections sont également considérées comme un test pour le Honduras, l’un des pays les plus violents d’Amérique latine, confronté à des problèmes de trafic de drogue et de corruption. Rixi Moncada, un autre candidat, a accusé Trump d’exercer une « coercition » sur le processus électoral.

Asfura et Nasralla ont tous deux mis en avant la nécessité d’éviter que le Honduras ne suive le chemin du Venezuela, en crise profonde, et ont exprimé leur volonté de se rapprocher de Taïwan, au détriment des relations avec la Chine. L’analyste politique Carlos Cálix a souligné qu’il est actuellement « impossible de déterminer le vainqueur avec les données dont nous disposons ». La situation reste donc incertaine dans un pays où 60 % de ses 11 millions d’habitants vivent dans la pauvreté et où le discrédit envers les politiciens est généralisé.

« Ils ne font rien pour les pauvres, les riches s’enrichissent chaque jour et les pauvres s’appauvrissent chaque jour, seuls les voleurs nous gouvernent », a déclaré Henry Hernández, un gardien de voiture de 53 ans, à l’AFP. Michelle Pineda, une commerçante de 38 ans, espère que le prochain président saura voir le pays « au-delà d’un sac d’argent à piller ».

Près de 6,5 millions de Honduriens étaient appelés à voter pour élire le successeur de Castro, ainsi que les députés et les maires pour un mandat de quatre ans. La journée électorale s’est déroulée dans le calme, selon la mission d’observation de l’Organisation des États américains (OEA), malgré quelques plaintes initiales pour fraude.

(afp, efe)

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