L’insécurité grandissante dans le nord du Mozambique provoque un exode massif de populations, mettant à rude épreuve les capacités d’assistance humanitaire et menaçant de plonger davantage de familles dans la détresse. Plus de 1,3 million de personnes ont déjà été déplacées par les violences, et la situation se détériore rapidement.
Selon Xavier Creach, Représentant du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) au Mozambique, les besoins humanitaires dépassent désormais les capacités de réponse des acteurs sur le terrain. « Alors que les besoins augmentent à un rythme sans précédent, les capacités des acteurs humanitaires et gouvernementaux ne suivent pas, et les efforts collectifs restent insuffisants pour répondre à l’ampleur des besoins de protection et d’assistance sur le terrain », a-t-il déclaré lors d’un point de presse à Genève.
Jusqu’à présent, les attaques se concentraient principalement dans la province de Cabo Delgado, mais depuis 2025, elles se multiplient et s’étendent à la province voisine de Nampula. Cette nouvelle dynamique met en danger des communautés qui avaient jusque-là accueilli des personnes fuyant les combats. Les témoignages recueillis auprès des déplacés décrivent des scènes de panique et de chaos. « Beaucoup ont décrit des fuites chaotiques, les parents perdant de vue leurs enfants et les personnes âgées restant sur place dans la panique », a précisé M. Creach. Pour beaucoup, il s’agit de leur deuxième ou troisième déplacement de l’année, les attaques les poursuivant sans relâche.
Les civils fuient souvent sans prévenir, arrivant dans des sites d’accueil improvisés – écoles, espaces ouverts – dans la province de Nampula. Ils sont fréquemment dépourvus de papiers d’identité et d’accès aux services essentiels, contraints de marcher pendant des jours dans la peur. Les enfants arrivent épuisés, traumatisés et souffrant de malnutrition, certains présentant des pieds enflés. Un nombre important d’enfants sont non accompagnés ou séparés de leur famille, se retrouvant seuls et vulnérables.
Les équipes humanitaires se concentrent sur l’identification des personnes les plus vulnérables, la réunification des familles et la sensibilisation des communautés d’accueil. Cependant, l’afflux soudain de déplacés exerce une pression considérable sur ces communautés déjà fragilisées. Les abris communautaires sont surpeuplés, et le manque d’intimité expose les femmes et les filles à un risque accru de violence sexuelle et sexiste. Les personnes âgées et handicapées rencontrent également des difficultés dans des sites inadaptés à leurs besoins.
Le HCR tire la sonnette d’alarme face au manque de financement. L’agence onusienne estime avoir besoin de 38,2 millions de dollars américains (environ 35,7 millions d’euros) en 2026 pour répondre aux besoins croissants dans le nord du Mozambique. À ce stade, le financement pour 2025 ne représente que 50 % des 42,7 millions de dollars (environ 39,8 millions d’euros) jugés nécessaires. « Une aide urgente est nécessaire pour empêcher que la crise ne s’aggrave », a insisté M. Creach. Des services d’assistance ont été mis en place, en coordination avec les autorités locales, pour fournir des conseils et un soutien aux familles, mais les ressources disponibles sont largement insuffisantes.
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