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Xi Jinping a une fois de plus évoqué « l’auto-révolution », mais s’est heurté à une douce résistance collective de la part des autorités ? | Xi Jinping | Révolution culturelle | Corruption

Publié le 2 décembre 2025. Après une série de purges au sein de l'appareil du Parti communiste chinois (PCC), le chef de l'État, Xi Jinping, a réaffirmé la nécessité d'une « autorévolution », suscitant des interrogations sur une…

Xi Jinping a une fois de plus évoqué « l’auto-révolution », mais s’est heurté à une douce résistance collective de la part des autorités ? | Xi Jinping | Révolution culturelle | Corruption

Publié le 2 décembre 2025. Après une série de purges au sein de l’appareil du Parti communiste chinois (PCC), le chef de l’État, Xi Jinping, a réaffirmé la nécessité d’une « autorévolution », suscitant des interrogations sur une nouvelle vague de répression et révélant des tensions internes au sein du parti.

  • Xi Jinping insiste sur la nécessité d’une « autorévolution » du PCC, un discours publié fin juin 2025.
  • Des enquêtes sont en cours sur plusieurs hauts gradés de l’armée, tandis que d’autres responsables, comme l’ancien secrétaire du Xinjiang, Ma Xingrui, ont disparu de la circulation.
  • Des analystes estiment que cette rhétorique d’« autorévolution » masque une perte de pouvoir de Xi Jinping face à une résistance croissante au sein du parti.

Le 23e numéro de la revue Qiushi, publié le 1er février, a diffusé un article de Xi Jinping intitulé « Cinq mesures supplémentaires pour promouvoir l’autorévolution du parti ». Ce texte, qui reprend l’essentiel d’un discours prononcé lors d’une « étude collective » du Bureau politique du PCC le 30 juin dernier, intervient dans un contexte de remaniements forcés et d’enquêtes au sein de l’armée et de l’administration.

Ces derniers mois, plusieurs généraux, dont He Weidong et Miao Hua, ont été placés sous enquête. L’absence remarquée de Ma Xingrui, ancien secrétaire du Xinjiang, lors de récentes réunions du Politburo alimente les rumeurs de son éviction. Ces événements, selon des observateurs, ne sont pas sans lien avec l’insistance de Xi Jinping sur la nécessité d’une « autorévolution ».

Tang Jingyuan, commentateur d’actualité basé aux États-Unis, souligne une caractéristique récurrente dans le discours du PCC : « Le parti met souvent l’accent sur ce qui manque. En insistant sur ces ‘cinq étapes supplémentaires’ dans l’autorévolution, Xi Jinping reconnaît implicitement qu’il n’a pas suffisamment agi depuis son arrivée au pouvoir, et que ses choix se sont avérés problématiques. » Il ajoute que les personnes visées par les enquêtes sont souvent issues du cercle proche de Xi Jinping.

Selon Tang Jingyuan, le pouvoir de Xi Jinping s’affaiblit progressivement. Cai Shenkun, un commentateur indépendant, abonde dans ce sens, notant que malgré la modification de la Constitution permettant un mandat illimité, des rumeurs persistantes évoquent une crise de pouvoir au sein du parti. « Les purges successives de généraux militaires, au-delà de la corruption, révèlent des problèmes politiques profonds », explique-t-il.

Dans son discours, Xi Jinping martèle la nécessité d’une action implacable : « Les coups de foudre ne doivent manquer aucune cible », « les règles d’acier doivent forger des dents de fer », « frapper dès l’apparition des problèmes », « ne jamais tolérer ». Ces formules, selon Cai Shenkun, rappellent les méthodes de mobilisation politique employées par Mao Zedong durant la Révolution culturelle.

« Cet article ressemble à un ordre de mobilisation politique à la Mao Zedong, un appel à ‘bombarder le quartier général’. Xi Jinping met en garde l’ensemble du parti avec le ton passionné de la Révolution culturelle. »

Cai Shenkun, commentateur indépendant

Cai Shenkun établit un parallèle troublant entre la situation actuelle et celle de Mao Zedong en 1966 : « Mao Zedong avait 73 ans lorsqu’il a lancé la Révolution culturelle, et Xi Jinping en aura 73 en 2026. Mao a cherché à éliminer ses opposants, à consolider son pouvoir et à prolonger sa vie politique. Le contexte politique auquel Xi Jinping est confronté aujourd’hui n’est pas très différent. »

Xi Jinping affirme que cette « autorévolution » ne nuira ni à l’image du parti, ni à l’enthousiasme de ses membres, ni au développement économique et social. Cependant, Li Linyi, un autre commentateur d’actualité, estime que le discours de Xi Jinping est avant tout une tentative de se défendre. « Tout le monde dans l’administration est aujourd’hui en danger, et personne ne veut prendre de risques. La négligence est généralisée, et les plaintes se multiplient », explique-t-il.

Selon Cai Shenkun, une forme de résistance passive existe au sein de la bureaucratie et de l’armée du PCC. « La bureaucratie est remplie de personnes médiocres, paresseuses et indifférentes aux souffrances du peuple et aux préoccupations de la communauté internationale. C’est ce qui place le PCC dans une situation de crise », affirme-t-il.

La Commission centrale de contrôle disciplinaire du PCC a révélé le 30 décembre 2021 que 247 000 problèmes avaient été identifiés et corrigés entre janvier et octobre 2021 en raison de la « mise en œuvre inefficace » des « instructions et directives importantes » de Xi Jinping. Ce chiffre, selon les analystes, témoigne d’une opposition croissante à la politique de Xi Jinping.

Les données anti-corruption publiées par la Commission centrale de contrôle de la discipline du PCC indiquent que 90 hauts fonctionnaires provinciaux et ministériels ont fait l’objet d’une enquête au cours des trois premiers trimestres de l’année, un chiffre supérieur à celui de l’année précédente. Le troisième trimestre seul a vu 47 enquêtes ouvertes, un record. Ces chiffres, souvent moqués par les internautes, sont perçus comme une preuve de la corruption endémique au sein du PCC.

Ye Yaoyuan, professeur d’études internationales à l’Université de Saint-Thomas aux États-Unis, estime que la corruption est généralisée au sein du PCC. « Xi Jinping utilise la lutte anti-corruption pour éliminer les factions rivales, notamment celles associées à Jiang Zemin et Hu Jintao. Une fois ses opposants écartés, il poursuit les purges à grande échelle, cherchant à instaurer la peur et à contrôler les nouveaux responsables. Mais ces mesures extrêmes ne dureront probablement pas longtemps », prédit-il.

Xi Jinping a également réaffirmé que l’« autorévolution » du PCC est la « deuxième réponse » pour échapper au cycle historique de montée et de chute. Il cite la « supervision du gouvernement par le peuple » prônée par Mao Zedong comme la première réponse. Cependant, Ye Yaoyuan souligne l’absurdité de cette affirmation : « Le PCC prétend que le peuple doit superviser le gouvernement, mais le peuple n’a même pas la liberté d’expression. Comment peut-il exercer un contrôle réel ? »

Tang Jingyuan conclut que l’« autorévolution » de Xi Jinping est en réalité une philosophie de lutte héritée de Mao Zedong, axée sur la conquête du pouvoir. « Cette philosophie n’a jamais été la clé du succès du PCC, et Xi Jinping, en s’y engageant, détruit ses propres atouts. L’autorévolution est en réalité auto-destructrice », affirme-t-il. Il rappelle que Mao Zedong, après avoir lancé diverses campagnes politiques, a conduit le pays au bord de l’effondrement, et que Deng Xiaoping a dû recourir à une politique d’ouverture pour sauver le PCC. L’expérience actuelle de Xi Jinping prouve, selon Tang Jingyuan, que s’appuyer sur l’« autorévolution » pour maintenir le pouvoir est une illusion.

Rédacteur en chef : Lin Congwen

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.