L’euro poursuit sa progression face au dollar, porté par un optimisme prudent lié aux négociations russo-ukrainiennes et des données économiques encourageantes en Europe. Cette dynamique intervient alors que le dollar montre des signes de faiblesse, malgré quelques tentatives de rebond.
La paire EUR/USD a prolongé sa reprise, bénéficiant d’un dollar en recul et de chiffres européens plus favorables que prévu. Le sentiment du marché s’est amélioré après que la Russie a qualifié les discussions en cours de « constructives », précisant que le président Poutine n’avait pas rejeté en bloc la proposition de paix américaine pour l’Ukraine, reconnaissant certains éléments comme acceptables. Cette ouverture, bien que limitée, alimente l’espoir d’une possible désescalade.
L’indice du dollar américain reste sous pression, malgré un léger regain de terrain observé ces derniers jours. Ce rebond est probablement lié à un retour partiel des investisseurs vers des valeurs refuges, mais il semble fragile. Une stabilisation du sentiment général du risque est nécessaire pour que le dollar s’affaiblisse durablement face aux devises plus sensibles à l’appétit pour le risque.
En parallèle, l’euro affiche une résilience notable, se maintenant relativement bien même en période de volatilité. Les investisseurs semblent désormais le considérer davantage comme une valeur refuge qu’il y a quelques années.
Les données économiques américaines continuent de signaler un ralentissement, comme l’a montré la publication de lundi. Bien que cette publication ait surpris à la hausse, elle n’a pas fondamentalement modifié les anticipations concernant une éventuelle baisse des taux d’intérêt par la Réserve fédérale américaine. Les principaux indicateurs américains, tels que le rapport sur l’emploi, ne seront publiés qu’après la décision de la banque centrale américaine de la semaine prochaine, limitant ainsi la capacité des données de cette semaine à influencer les attentes du marché.
Les chiffres à venir, notamment la masse salariale privée et les demandes d’emploi, devraient confirmer la vision accommodante du marché. L’inflation, bien que surveillée de près, ne justifie pas encore, selon les analystes, de nouvelles baisses de taux.
Le calme relatif dans la zone euro se traduit par un resserrement des écarts de rendement obligataire entre l’Allemagne et l’Italie, tombant à 70 points de base – un niveau inédit depuis 2010. Cette stabilité contribue à soutenir la paire EUR/USD, d’autant plus que les marchés évaluent la possibilité de nouvelles baisses de taux par la Banque centrale européenne (BCE).
Sur le marché des changes, l’EUR/USD a franchi les seuils de 1,1600 et 1,1650, qui avaient constitué des résistances importantes par le passé. La paire pourrait continuer à progresser vers 1,1700, voire 1,1728, un plus haut récent. À l’inverse, 1,1600 représente désormais un premier niveau de support, suivi par la zone de 1,1550, puis la fourchette de 1,1460 à 1,1500, qui a fait preuve de solidité ces derniers mois.
Les indices PMI des services de la zone euro ont été légèrement revus à la hausse, atteignant un indice final de 53,6 contre 53,1. L’inflation en novembre a progressé de 2,1 % à 2,2 %, tandis que l’inflation sous-jacente est restée stable à 2,4 %. À ce stade, les forces désinflationnistes et les pressions sur les prix s’équilibrent, à des niveaux qui ne justifient pas, pour l’instant, une politique monétaire plus souple de la part de la BCE.