Home AffairesGaz naturel : contrats à terme à 5 $ en janvier alors que la vague de froid et les exportations record drainent les stocks

Gaz naturel : contrats à terme à 5 $ en janvier alors que la vague de froid et les exportations record drainent les stocks

by Amélie Bernard

Une vague de froid exceptionnelle aux États-Unis, combinée à des exportations record de gaz naturel liquéfié (GNL), propulse les prix du gaz à des niveaux inédits, avec des perspectives de forte demande à court terme qui inversent les prévisions traditionnelles du marché.

Les contrats à terme pour janvier 2026 ont franchi la barre des 5 $/MMBtu (environ 4,60 €/MMBtu), affichant une hausse de 28 à 32 % par rapport aux prix de l’année précédente. L’ensemble de la courbe des prix pour 2026 se situe désormais au-dessus du quartile supérieur sur 15 ans, signalant une tension sur l’offre. Un phénomène rare est observé : les contrats pour 2026 se négocient à un prix supérieur à ceux pour 2027, avec un écart de 40 à 70 cents pour la plupart des échéances, ce qui témoigne d’une demande intense et immédiate.

Les stocks de gaz naturel devraient diminuer de 13 milliards de pieds cubes (BCF) pour la semaine du 28 novembre, une baisse plus importante que la moyenne des cinq dernières années (-31 BCF). Au 3 décembre, les réserves s’élèvent à 3 922 BCF, soit 29 BCF de moins que l’année précédente, mais 208 BCF de plus que la moyenne historique sur cinq ans.

Les indicateurs combinés de degrés-jours de chauffage (HDD) et de refroidissement (CDD) ont atteint des sommets inégalés depuis 30 ans aux États-Unis. Les prévisions météorologiques indiquent que cette tendance devrait se poursuivre jusqu’aux 5 et 6 décembre avant de se stabiliser. Les régions centrales des États-Unis (EN, ES, WN, WS et l’Atlantique Sud) devraient connaître le plus grand nombre de degrés-jours au cours de la semaine à venir.

L’écart entre l’offre et la demande de gaz naturel est actuellement supérieur à tout niveau enregistré depuis 2014, tiré par une augmentation de la consommation industrielle, de la production d’électricité et de la demande des ménages en raison du froid. Les exportations de GNL atteignent des niveaux records, contribuant à cette pression sur l’offre.

Les réserves actuelles suffisent à couvrir environ 27 jours de consommation, soit un jour de moins qu’en 2024 et sept jours de moins que la moyenne. Ce niveau de stocks, combiné à une forte demande, rend le marché particulièrement vulnérable à des fluctuations de prix importantes, notamment à l’approche de la fin de l’hiver et du début du printemps.

En Europe, les niveaux de stockage de gaz ont diminué de 2,7 % au cours de la semaine écoulée, atteignant 74,9 % de leur capacité, soit 10,5 % de moins que la moyenne et 10 % de moins qu’à la même période l’année dernière.

Aux États-Unis, la production de gaz naturel a augmenté de 3 % pour atteindre 43,9 % du mix énergétique au 3 décembre. La production nucléaire a diminué de 2 % pour atteindre 18 %, son niveau le plus bas depuis cinq ans, tandis que la production de charbon a augmenté de 1,5 % pour atteindre 19,7 %.

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