Publié le 4 décembre 2025 à 14h30. Les négociations pour mettre fin à la guerre en Ukraine peinent à progresser, Vladimir Poutine jugeant certaines propositions américaines inacceptables tout en réaffirmant sa détermination à contrôler la région du Donbass.
- Le président russe Vladimir Poutine a estimé que certaines propositions du plan américain pour mettre fin à la guerre en Ukraine étaient inacceptables.
- Poutine a réaffirmé sa volonté de prendre le contrôle de la région du Donbass, par la force si nécessaire.
- Des pourparlers ont eu lieu entre des émissaires de l’administration Trump et des négociateurs ukrainiens, mais sans avancée significative.
Les efforts diplomatiques américains, menés par Steve Witkoff et Jared Kushner, pour parvenir à un cessez-le-feu en Ukraine se heurtent à des divergences profondes avec la Russie, notamment sur la question des concessions territoriales et des garanties de sécurité pour l’Ukraine. Vladimir Poutine a souligné que la Russie entend « libérer » le Donbass et la Novorossiya, terme historique désignant les territoires à l’ouest de l’ancien Empire russe, par « des moyens militaires ou autres », selon l’agence de presse russe TASS. Cette déclaration réaffirme une revendication clé de Moscou, qui a illégalement annexé une partie de cette région mais n’en contrôle pas encore l’intégralité.
Dans une interview accordée à India Today avant sa visite à New Delhi, Poutine a déclaré que la Russie atteindrait son objectif, quel qu’en soit le prix. Il a précisé que les discussions avec les émissaires américains, qui ont duré cinq heures au Kremlin, avaient été « nécessaires » et « utiles », mais aussi « difficiles ». Il a affirmé que certaines propositions étaient tout simplement inacceptables pour Moscou.
Donald Trump a déclaré mercredi que Witkoff et Kushner étaient convaincus que Poutine souhaitait parvenir à un accord. Reuters rapporte que Trump a déclaré : « Ils avaient la forte impression qu’il aimerait parvenir à un accord. » Cependant, Poutine s’est montré réticent à divulguer les détails des discussions, estimant qu’il était trop tôt pour le faire.
Les dirigeants européens, tenus à l’écart des négociations directes entre Washington et Moscou, expriment leur scepticisme quant à la sincérité de l’intérêt affiché par Poutine pour l’initiative de paix américaine.
Parallèlement aux pourparlers, les combats se poursuivent sur le terrain. Mercredi soir, un missile a frappé Kryvyï Rih, blessant six personnes, dont une fillette de trois ans, selon Alexandre Vilkoul, chef de l’administration municipale. L’attaque a endommagé plus de 40 bâtiments résidentiels, une école et des conduites de gaz. À Kherson, dans le sud du pays, une fillette de six ans est décédée des suites de blessures infligées par des bombardements russes, a annoncé Oleksandr Prokudin, chef de l’administration militaire régionale, sur Telegram.
La centrale thermique de Kherson, qui fournit le chauffage à plus de 40 000 habitants, a été contrainte de fermer ses portes jeudi après plusieurs jours de bombardements russes à l’aide de drones et d’artillerie. Les autorités locales préparent des mesures d’urgence pour trouver des sources de chauffage alternatives et ont installé des tentes pour permettre aux habitants de se réchauffer et de recharger leurs appareils électroniques.
Odessa a également été la cible d’attaques de drones russes, qui ont blessé six personnes et endommagé des infrastructures civiles et énergétiques, selon Oleh Kiper, chef de l’administration militaire régionale.
Au total, la Russie a lancé deux missiles balistiques et 138 drones contre l’Ukraine dans la nuit de mercredi à jeudi, selon les autorités ukrainiennes.
Dans la partie de la région de Kherson occupée par la Russie, deux hommes ont été tués jeudi lorsqu’un drone ukrainien a heurté leur véhicule, a déclaré Vladimir Saldo, chef régional en poste à Moscou. Une femme de 68 ans a également été blessée lors de l’attaque.
(Avec les informations de l’Agence France-Presse)