Publié le 4 décembre 2025 à 17h32. L’assurance dépendance allemande (Pflegeversicherung) est confrontée à des difficultés financières majeures, poussant experts et acteurs du secteur à proposer des réformes structurelles pour assurer sa pérennité face à une population vieillissante et à l’augmentation des besoins en soins.
- Les réserves de l’assurance dépendance s’élèvent à seulement 5,34 milliards d’euros fin 2024, couvrant à peine un mois de dépenses.
- Plusieurs pistes de réforme sont à l’étude, allant de l’introduction d’une assurance dépendance obligatoire à une augmentation des cotisations et à une meilleure prise en charge des aidants.
- Les employeurs mettent en garde contre une augmentation excessive des cotisations sociales, tandis que les assureurs privés plaident pour une adaptation des prestations.
La situation financière de l’assurance dépendance (SPV) est de plus en plus préoccupante. Selon l’association faîtière de l’assurance maladie légale (GKV), les fonds disponibles fin 2024 atteignent seulement 5,34 milliards d’euros (soit l’équivalent d’un mois de dépenses). Malgré une nouvelle augmentation du taux de cotisation prévue début 2025 et une réduction des contributions au fonds de prévoyance pour les soins de longue durée, les dépenses devraient continuer de dépasser les revenus, avec des déficits de plusieurs milliards d’euros attendus dans les années à venir.
Face à cette urgence, des experts ont présenté mercredi des propositions de réformes structurelles et financières lors d’une audition parlementaire. L’objectif est de parvenir à une stabilité à long terme du système. Parmi les pistes évoquées, l’introduction d’une assurance dépendance obligatoire, une augmentation progressive du plafond de cotisation et une contribution aux revenus des placements ont été suggérées par l’économiste de la santé Stefan Greß de l’université de Fulda. Il a également souligné la nécessité de s’opposer au développement des assurances complémentaires privées.
L’Association nationale des caisses obligatoires d’assurance maladie réclame également des mesures d’allègement à court terme. Elle propose notamment le remboursement par la Confédération de l’argent destiné au financement des mesures liées au coronavirus et une couverture permanente des cotisations d’assurance pension des proches aidants. Ces mesures pourraient alléger la situation financière de l’assurance de jusqu’à dix milliards d’euros en 2026 et ouvrir la voie à des réformes structurelles plus approfondies.
L’Association des assurances maladie privées (PKV) adopte une approche différente. Elle estime qu’une analyse précise des prestations est nécessaire, avec une adaptation et un ciblage plus efficaces. Une nouvelle approche des soins de niveau 1, axée sur la prévention, est également préconisée.
L’association patronale BDA a mis en garde contre une augmentation excessive des cotisations sociales, qui pourrait peser sur les entreprises. Elle propose de financer les prestations non assurées par les recettes fiscales et d’introduire un facteur de durabilité dans l’assurance dépendance et le système de retraite. De plus, elle suggère d’instaurer un délai de carence avant l’accès aux prestations de l’assurance dépendance, en fonction du niveau de soins requis. L’extension de l’assurance dépendance à une couverture complète et un échange de base des cotisations sont, selon l’association, à rejeter.
Enfin, l’association « We Care » a souligné les difficultés rencontrées par les proches aidants pour trouver des solutions de soins ambulatoires adaptées. Elle a constaté un manque d’offres ou des offres inadaptées aux besoins spécifiques des personnes âgées. L’association a également rappelé que les soins infirmiers sont encore majoritairement assurés par des femmes, et que toute restriction des services pourrait les affecter de manière disproportionnée.
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