Publié le 5 décembre 2025 à 12h52. Après des semaines de tensions au sein de la coalition gouvernementale, le Bundestag a adopté une réforme controversée des retraites et un nouveau dispositif de service militaire destiné à renforcer la Bundeswehr, marquant une étape cruciale pour l’avenir de la politique sociale et de défense allemande.
- Le Bundestag a approuvé le « paquet de retraites » avec 319 voix pour, 225 contre et 53 abstentions, permettant au chancelier Friedrich Merz d’atteindre le seuil des 316 voix requis.
- Un nouveau service militaire a été approuvé, visant à augmenter significativement les effectifs de la Bundeswehr, avec la possibilité d’une conscription obligatoire si le volontariat ne suffit pas.
- La réforme des retraites prévoit la stabilisation du niveau des pensions, une augmentation de la pension de mère et l’introduction d’une pension dite « active » pour encourager une plus longue activité professionnelle.
L’adoption de ce paquet de mesures, fruit de compromis difficiles au sein de la coalition CDU/CSU et SPD, intervient après des semaines de débats animés, notamment au sein du groupe parlementaire de l’Union. Les jeunes députés avaient exprimé des inquiétudes quant à l’impact financier de ces réformes sur le budget fédéral.
Le cœur de la réforme des retraites réside dans une clause de sauvegarde qui vise à maintenir le niveau des pensions à au moins 48 % du salaire moyen jusqu’en 2031. Elle comprend également une revalorisation des pensions de mère, avec une augmentation d’environ 20 euros par enfant pour les parents dont les enfants sont nés avant 1992, bénéficiant ainsi à environ dix millions de personnes. Enfin, une nouvelle « pension active » est prévue pour inciter les retraités à continuer à travailler, leur permettant de percevoir jusqu’à 2 000 euros par mois avant impôts.
Le financement de ces mesures représente un défi majeur, avec des coûts estimés à près de 185 milliards d’euros d’ici 2039, qui seront couverts par les recettes fiscales. Cette charge budgétaire a suscité des critiques, notamment de la part du groupe Jeunesse de l’Union, qui s’inquiète de son impact après 2031.
Parallèlement à la réforme des retraites, le Bundestag a également donné son feu vert à un nouveau dispositif de service militaire destiné à renforcer la Bundeswehr. L’objectif est d’augmenter le nombre de militaires actifs, passant de 183 000 à 255 000 puis à 270 000 d’ici 2035, et de constituer une réserve de 200 000 personnes. Ce renforcement est motivé par la situation géopolitique actuelle, notamment la guerre en Ukraine.
Le dispositif prévoit initialement un service volontaire d’au moins six mois, axé sur les tâches de sécurité intérieure et de sécurité. Cependant, si le volontariat ne permet pas d’atteindre les objectifs fixés, une conscription obligatoire pourrait être envisagée, nécessitant une nouvelle décision du Bundestag et une loi spécifique pour définir les modalités de cette conscription.
Le ministre de la Défense, Boris Pistorius, a salué l’adoption de ces mesures comme une étape décisive pour la capacité de défense du pays.
« C’est une discussion nécessaire. Le service devrait initialement être volontaire, mais il est également clair : si cela ne suffit pas, nous ne pourrons pas éviter une conscription partielle. »
Boris Pistorius, Ministre de la Défense
Le Conseil fédéral, la deuxième chambre du Parlement allemand, doit encore approuver le projet de loi, qui devrait entrer en vigueur à partir de janvier 2026. Le service militaire obligatoire avait été suspendu en 2011.
La loi prévoit également la réintroduction de l’enregistrement militaire, avec l’envoi d’un questionnaire à tous les jeunes de 18 ans pour évaluer leur motivation et leur aptitude. Des incitations financières, telles qu’un salaire mensuel brut d’environ 2 600 euros et une subvention pour le permis de conduire, sont prévues pour encourager le volontariat.