Home SantéL’hormonothérapie n’augmente pas le risque de maladie cardiovasculaire chez les jeunes femmes ménopausées

L’hormonothérapie n’augmente pas le risque de maladie cardiovasculaire chez les jeunes femmes ménopausées

by Sophie Martin

Publié le 5 décembre 2025 15:16:00. Une nouvelle étude américaine nuance les recommandations concernant l’hormonothérapie ménopausique (HTM), montrant que son impact sur le risque cardiovasculaire varie considérablement selon l’âge de la patiente.

  • L’hormonothérapie ménopausique ne semble pas augmenter le risque de maladies cardiovasculaires chez les femmes ménopausées de moins de 70 ans.
  • En revanche, elle est associée à un risque accru chez les femmes de plus de 70 ans souffrant de bouffées de chaleur et de sueurs nocturnes.
  • Ces résultats confirment l’importance d’une approche personnalisée du traitement hormonal.

Les symptômes vasomoteurs, tels que les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes, sont parmi les manifestations les plus fréquentes de la ménopause, qui survient en moyenne vers l’âge de 51 ans, mais peut varier en fonction de facteurs génétiques ou de traitements médicaux comme la chimiothérapie. L’hormonothérapie est actuellement considérée comme le traitement le plus efficace pour soulager ces symptômes. Cependant, des inquiétudes persistantes quant à un possible lien entre l’HTM et un risque accru de maladies cardiovasculaires ont conduit à une certaine prudence de la part des patientes et des professionnels de santé.

L’étude, publiée dans la revue JAMA Internal Medicine, apporte un éclairage nouveau sur cette question. Menée par le Dr Emily Szmuilowicz, professeure agrégée de médecine à la division d’endocrinologie, métabolisme et médecine moléculaire de la Feinberg School of Medicine de Northwestern University, et ses collègues, elle s’appuie sur une analyse secondaire des données de l’Initiative pour la santé des femmes (Women’s Health Initiative), une vaste étude clinique impliquant plus de 27 000 femmes ménopausées âgées de 50 à 79 ans, suivies dans 40 centres à travers les États-Unis.

Les participantes ont été réparties au hasard pour recevoir soit un traitement hormonal, soit un placebo. Les femmes ayant subi une hystérectomie ont reçu soit des œstrogènes équins conjugués (CEE), soit un placebo, tandis que celles ayant conservé leur utérus ont reçu soit une combinaison de CEE et d’acétate de médroxyprogestérone, soit un placebo. Les données ont été collectées entre novembre 1993 et septembre 2012.

L’analyse a révélé que, chez les femmes ménopausées de 50 à 59 ans, l’utilisation de l’hormonothérapie n’était pas associée à un risque significativement accru de maladies cardiovasculaires. En revanche, chez les femmes de 70 ans et plus, l’HTM augmentait ce risque, en particulier chez celles présentant des symptômes vasomoteurs.

« Ces résultats soutiennent les recommandations actuelles qui préconisent l’utilisation de l’hormonothérapie ménopausique pour traiter les symptômes vasomoteurs modérés ou sévères chez les jeunes femmes ménopausées qui n’ont pas de contre-indications à l’utilisation des œstrogènes, mais à éviter son utilisation chez les femmes de plus de 70 ans. »

Emily Szmuilowicz, MD, professeure agrégée de médecine

Les auteurs de l’étude soulignent l’importance d’une approche individualisée du traitement hormonal, tenant compte de l’âge de la patiente et de son état de santé général. Ils recommandent la prudence lors de l’initiation d’un traitement hormonal chez les femmes âgées de 60 à 69 ans et déconseillent son utilisation chez les femmes de 70 ans et plus.

Le programme Women’s Health Initiative est financé par le National Heart, Lung, and Blood Institute, les National Institutes of Health et le ministère américain de la Santé et des Services sociaux par le biais des contrats 75N92021D00001, 75N92021D00002, 75N92021D00003, 75N92021D00004 et 75N92021D00005.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.