Publié le 7 décembre 2025 à 18h53. La mort en prison d’un ancien gouverneur vénézuélien, Alfredo Díaz, a suscité une vive condamnation des États-Unis, qui dénoncent un « régime criminel » et des conditions de détention inacceptables, tandis que Caracas attribue le décès à une crise cardiaque.
- Les États-Unis ont qualifié la mort d’Alfredo Díaz d’illustration de la « nature ignoble » du régime de Nicolás Maduro.
- Le ministère vénézuélien du Service pénitentiaire affirme que Díaz est décédé d’une crise cardiaque et qu’il a bénéficié de soins appropriés.
- L’opposition vénézuélienne dénonce un schéma de répression étatique, pointant du doigt le refus de soins médicaux et les conditions inhumaines de détention.
Washington a dénoncé ce dimanche le « caractère ignoble du régime criminel » de Nicolás Maduro au Venezuela, suite au décès en détention d’Alfredo Díaz, ancien gouverneur de l’État de Nueva Esparta. L’opposition vénézuélienne considère Díaz comme un prisonnier politique. Les États-Unis ont également exprimé leur inquiétude quant aux conditions de détention de l’opposant.
« La mort du prisonnier politique vénézuélien Alfredo Díaz, détenu arbitrairement dans le centre de torture de Maduro à L’Hélicoïde, est un autre rappel de la nature ignoble du régime criminel de Maduro. »
Bureau américain des affaires de l’hémisphère occidental, via X (anciennement Twitter)
Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions croissantes, alors que Washington pourrait envisager des mesures contre le Venezuela.
Le ministère vénézuélien du Service pénitentiaire a confirmé la mort d’Alfredo Díaz, 56 ans, un jour après que des militants des droits de l’homme l’aient rendue publique. L’opposant était accusé de « terrorisme » et « d’incitation à la haine ». Dans un communiqué, le ministère a affirmé que Díaz avait été détenu « avec la pleine garantie de ses droits, dans le respect du système judiciaire et du respect des droits de l’homme et de sa défense juridique ».
Selon le ministère, Díaz a présenté des « symptômes compatibles avec un infarctus du myocarde » samedi 6 décembre 2025, à 6h33 du matin. Il a été secouru par ses codétenus et transféré à l’hôpital clinique universitaire, où il est décédé malgré les tentatives de réanimation.
Maria Corina Machado et Edmundo González Urrutia, figures de proue de l’opposition vénézuélienne, ont déclaré dans une déclaration commune que sept dirigeants d’opposition sont déjà morts en prison. Ils ont dénoncé un « schéma durable de répression étatique », caractérisé par le refus de soins médicaux, des conditions inhumaines, l’isolement, la torture et des traitements cruels, inhumains et dégradants.
Alfredo Díaz, membre du parti d’opposition Action Démocratique, était également ancien conseiller et ancien maire. Il avait été arrêté en novembre 2024, dans le contexte de la crise politique qui a suivi l’élection présidentielle de cette année-là. L’opposition avait dénoncé la réélection de Maduro comme frauduleuse. Díaz avait notamment remis en question le manque de transparence des résultats du scrutin et dénoncé la crise électrique qui avait touché l’État de Nueva Esparta en novembre, que le gouvernement avait attribuée à des actes de sabotage de l’opposition.
DZC (EFE, AFP)