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L’Australie interdit les réseaux sociaux aux enfants de moins de 16 ans, mais les adolescents peuvent déjà facilement contourner la loi

L'Australie a mis en place cette semaine une nouvelle législation visant à protéger les mineurs sur les réseaux sociaux, mais son application soulève déjà de sérieuses questions. La loi interdit aux moins de 16 ans d'accéder à des…

L’Australie interdit les réseaux sociaux aux enfants de moins de 16 ans, mais les adolescents peuvent déjà facilement contourner la loi

L’Australie a mis en place cette semaine une nouvelle législation visant à protéger les mineurs sur les réseaux sociaux, mais son application soulève déjà de sérieuses questions. La loi interdit aux moins de 16 ans d’accéder à des plateformes comme TikTok, Snapchat, Instagram et Facebook, une mesure censée préserver leur santé mentale et les protéger contre le cyberharcèlement.

Dès les premiers jours, des failles importantes ont été mises en évidence. Des adolescents interrogés par des médias locaux ont démontré qu’il était possible de contourner le système de vérification d’âge en quelques minutes seulement. Une jeune fille de 13 ans a ainsi réussi à s’inscrire sur Snapchat en utilisant une photo de sa mère, tandis que d’autres ont utilisé des images de célébrités, comme Beyoncé, pour valider leurs comptes.

Le dispositif repose sur la vérification de l’âge par les plateformes elles-mêmes, via la reconnaissance faciale. Or, cette technologie s’avère peu fiable : elle accepte des photos d’adultes ou de personnalités publiques sans exiger de pièce d’identité officielle ou de données biométriques avancées. Le processus prend généralement moins de 30 secondes, et les comptes existants ne sont pas automatiquement supprimés en cas de non-conformité.

La loi, annoncée en novembre 2024 par le Premier ministre Anthony Albanese, transfère l’entière responsabilité aux entreprises, sans prévoir de sanctions pour les mineurs ou leurs tuteurs. En cas de manquement grave, les plateformes pourraient toutefois être passibles d’amendes pouvant atteindre 49,5 millions de dollars australiens (environ 30 millions d’euros).

Des experts en sécurité numérique critiquent l’absence d’une norme uniforme et contraignante. Ils soulignent que cette interdiction pourrait inciter les jeunes à se tourner vers des applications moins réglementées, où les risques de contenus inappropriés et de cyberharcèlement sont plus élevés. Les organisations de protection de l’enfance s’inquiètent également de l’isolement potentiel des jeunes qui pourraient chercher des contacts dans des environnements plus dangereux.

« Nous nous conformons à la législation australienne », ont déclaré les grandes entreprises technologiques, sans toutefois préciser les technologies qu’elles utilisent. Elles ont également demandé plus de temps pour mettre en œuvre des solutions robustes.

Certains parents, qui avaient accueilli favorablement cette mesure, expriment leur frustration face à la facilité avec laquelle leurs enfants continuent d’accéder aux réseaux sociaux. Ils s’attendaient à une protection automatique, sans avoir à effectuer une surveillance constante.

Le gouvernement australien prévoit de publier des directives techniques plus précises dans les prochains mois et d’évaluer l’efficacité des outils de vérification d’âge d’ici fin 2026. Il se dit prêt à apporter des ajustements en fonction des lacunes qui seront identifiées, réaffirmant que la protection de la santé mentale des enfants et des jeunes reste sa priorité.

Plusieurs pays, dont le Royaume-Uni, la France et certains États nord-américains, suivent de près l’expérience australienne, qui est considérée comme un test global malgré ses faiblesses initiales.

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À propos de l’auteur: Thomas Caron

Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.