Publié le 9 décembre 2025 à 07h00. L’ancien président hondurien Juan Orlando Hernández, gracié par Donald Trump, fait l’objet d’un nouveau mandat d’arrêt émis par le procureur général du Honduras, qui exhorte Interpol à l’exécuter. Cette décision intervient dans un contexte de contestation des récentes élections présidentielles.
- Le procureur général du Honduras, Johel Zelaya, a ordonné l’exécution d’un mandat d’arrêt contre l’ancien président Juan Orlando Hernández, malgré sa grâce présidentielle américaine.
- Hernández est accusé de blanchiment d’argent et de fraude dans le cadre d’un détournement de fonds publics liés à la campagne électorale de 2013.
- La situation s’inscrit dans un contexte de contestation des élections présidentielles honduriennes, où le candidat du parti au pouvoir est donné vainqueur avec une faible marge.
Le procureur général de l’État du Honduras, Johel Zelaya, a annoncé lundi son intention de faire exécuter un mandat d’arrêt émis en 2023 contre l’ancien président Juan Orlando Hernández. Cette décision fait suite à la grâce controversée accordée à Hernández la semaine dernière par l’ancien président américain Donald Trump.
« J’informe le peuple hondurien que j’ai chargé l’ATIC (Agence Technique d’Enquête Criminelle) et j’exhorte également les agences de sécurité de l’État et nos alliés internationaux, comme Interpol, à exécuter le mandat d’arrêt international contre l’ancien président Juan Orlando Hernández, accusé de délits de blanchiment d’argent et de fraude », a déclaré Zelaya sur le réseau social X.
Les accusations portées contre Hernández sont liées à une affaire d’un million de dollars impliquant d’anciens députés, des hommes d’affaires et des particuliers, soupçonnés d’avoir détourné des fonds publics pour financer sa campagne électorale de 2013. Selon le procureur général, « Nous avons été lacérés par les tentacules de la corruption et par les réseaux criminels qui ont profondément marqué la vie de notre pays. »
L’affaire intervient alors que le Honduras est en pleine crise politique après les élections présidentielles de ce week-end. Nasry « Tito » Asfura, candidat du Parti national, est donné vainqueur, mais avec une très faible avance sur Salvador Nasralla, ancien présentateur de télévision et candidat du Parti libéral. Avec 97 % des votes dépouillés, Asfura détient 40,52 % des voix contre 39,18 % pour Nasralla, soit une différence d’environ 40 000 voix.
Nasralla a dénoncé des manipulations du système électoral sur son compte X, tandis que le parti Libre, au pouvoir, a exigé « l’annulation totale » des élections et appelé à des mobilisations, des manifestations et des grèves. Il a également demandé aux responsables gouvernementaux de ne pas coopérer avec la transition gouvernementale.
La candidate du parti Libre, Rixi Moncada, est arrivée en troisième position avec 19,32 % des voix, loin derrière les deux principaux candidats.
Juan Orlando Hernández avait été arrêté à Tegucigalpa en février 2022, peu après avoir quitté ses fonctions, en réponse à une demande d’extradition des États-Unis, qui a été approuvée en avril de la même année. Les procureurs américains l’avaient accusé d’avoir transformé le Honduras en un « narco-État » et d’en avoir personnellement profité, des accusations qu’il a toujours rejetées comme de la « calomnie ». Il a été reconnu coupable de trafic de drogue aux États-Unis en juin 2024.
Donald Trump a justifié sa grâce en affirmant que Hernández avait été « traité très durement et injustement ». Il a également exprimé son soutien à Nasry Asfura.
Source des images, Bloomberg via Getty Images
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