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Herzog nie et dénonce un rapport faisant état d’un accord de grâce vieux de plusieurs années avec Netanyahu

Publié le 9 décembre 2025 à 23h09. Des révélations sur un avis juridique confidentiel datant de 2019, préparé pour un proche du président Isaac Herzog, alimentent les controverses autour de la demande de grâce présidentielle de Benjamin Netanyahu,…

Herzog nie et dénonce un rapport faisant état d’un accord de grâce vieux de plusieurs années avec Netanyahu

Publié le 9 décembre 2025 à 23h09. Des révélations sur un avis juridique confidentiel datant de 2019, préparé pour un proche du président Isaac Herzog, alimentent les controverses autour de la demande de grâce présidentielle de Benjamin Netanyahu, actuellement jugé pour corruption. L’affaire relance les interrogations sur d’éventuels arrangements politiques.

  • Un avis juridique de 17 pages, rédigé en 2019, explore les pouvoirs du président israélien en matière de grâce avant condamnation.
  • Le bureau du président Herzog dément fermement toute implication dans un accord potentiel liant une future grâce à Netanyahu à un soutien à sa candidature présidentielle.
  • L’avis juridique, préparé par l’avocat Eyal Rozovsky, examine les limites juridiques et les conditions d’une telle grâce, notamment la nécessité d’un accord avec les autorités judiciaires.

La chaîne de télévision israélienne Douzième chaîne a diffusé mardi le contenu de cet avis juridique confidentiel, qui aurait été commandé par Motti Sander, alors directeur de campagne et conseiller d’Isaac Herzog, alors chef de l’Agence juive et candidat potentiel à la présidence. Le document, daté de 2019, analysait les possibilités pour un président d’accorder une grâce avant une condamnation dans une affaire politique, et plus précisément, si une telle grâce pouvait s’inscrire dans une négociation de sortie de la sphère politique.

La publication de ces informations intervient après l’annonce officielle, la semaine dernière, de la demande de grâce formulée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans le cadre de son procès pour corruption. Netanyahu n’a pas reconnu sa culpabilité dans cette demande.

Le bureau du président Herzog a réagi avec vigueur, qualifiant les allégations de « scandaleuses et infondées ». Il a fermement nié toute implication de Herzog dans la préparation d’un accord en échange d’un soutien à sa candidature présidentielle. Dans un communiqué, le bureau a déclaré :

« Il n’y a jamais eu d’accord, d’entente ou de reconnaissance entre le président Isaac Herzog et le Premier ministre Benjamin Netanyahu liant le mandat de Herzog aux procédures judiciaires de Netanyahu, ni explicitement ni implicitement. »

Bureau du président Herzog

Le bureau a également annoncé qu’il avait demandé à son avocat d’engager des poursuites judiciaires.

Selon le rapport de la Douzième chaîne, l’avis juridique de l’avocat Eyal Rozovsky soulignait que, bien que la loi confère au président des pouvoirs de grâce étendus, l’octroi d’une grâce avant condamnation nécessiterait l’accord et la coopération des autorités judiciaires, et en particulier du procureur général. Le document précisait que la décision finale reviendrait à la Haute Cour de justice.

L’avis juridique s’appuie sur le précédent de l’affaire du bus 300, dans laquelle le président Chaim Herzog – père de l’actuel président – avait gracié des agents du Shin Bet avant leur condamnation. La Douzième chaîne a souligné que l’avis de Rozovsky considérait cette affaire comme le fondement juridique le plus solide pour une grâce préalable à la condamnation, en raison de la reconnaissance par la Haute Cour du large pouvoir discrétionnaire du président.

Une source proche de Herzog, citée par la Douzième chaîne, aurait affirmé que l’avis juridique avait été demandé pour des raisons politiques, dans le but de « préparer un accord avec Netanyahu ». Selon cette source, Herzog aurait déclaré :

« Soutenez-moi à la présidence et, en retour, je soutiendrai l’octroi d’une grâce, dans la mesure où cela dépend de moi. »

Source proche de Herzog

Au moment de la rédaction présumée de cet avis, Reuven Rivlin était encore président, avec environ deux ans avant la fin de son mandat. Isaac Herzog a été élu à la Knesset en juin 2021, obtenant 87 voix sur 120.

Le bureau de Herzog a précisé que l’avis juridique de 2019 n’avait pas été sollicité par le président lui-même, mais par Motti Sander, à titre personnel, et qu’il avait déjà été établi qu’Herzog n’était pas impliqué. Il a également souligné que Sander ne travaillait plus pour Herzog lorsqu’il a lancé sa campagne présidentielle. Le bureau a ajouté que Sander aurait cherché à négocier un accord de plaidoyer et une grâce pour Netanyahu pendant des années.

Le bureau a réitéré les déclarations de Herzog la semaine dernière, selon lesquelles la demande de grâce de Netanyahu serait examinée dans le cadre d’une procédure qui durera plusieurs semaines et qu’elle est actuellement entre les mains des autorités compétentes du ministère de la Justice.

Netanyahu est accusé d’un chef de corruption, et de trois chefs chacun de fraude et d’abus de confiance dans trois affaires distinctes. Les accusations portent sur des allégations de manipulation inappropriée de la presse et de réception de cadeaux illicites en échange de faveurs gouvernementales. Il nie toute implication et affirme que les accusations sont le fruit d’une conspiration politique.

L’inculpation de Netanyahu remonte à novembre 2019, et son procès a débuté en mai 2020 après des années d’enquête. Il est régulièrement appelé à démissionner par l’opposition. Les analystes estiment que le procès pourrait durer encore plusieurs années.

Le président Isaac Herzog rencontre le chancelier allemand Friedrich Merz à la résidence présidentielle à Jérusalem, le 6 décembre 2025. (Yonatan Sindel/Flash90)
Un manifestant déguisé en Premier ministre Benjamin Netanyahu se moque de sa demande de grâce auprès du président Isaac Herzog, lors d’une manifestation antigouvernementale sur la place Habima, à Tel Aviv, le 6 décembre 2025. (Avshalom Sassoni/Flash90)
Le président Isaac Herzog assiste à une conférence à Jérusalem, le 17 novembre 2025. (Yonatan Sindel/Flash90)

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.