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Trump ne fait pas la différence entre conclure un accord et faire la paix

Publié le 9 décembre 2025 à 13h37. Les récentes tensions géopolitiques, de Gaza à l'Asie du Sud-Est, mettent à l'épreuve les affirmations de succès diplomatiques attribués à Donald Trump, révélant un fossé croissant entre rhétorique et réalité sur…

Trump ne fait pas la différence entre conclure un accord et faire la paix

Publié le 9 décembre 2025 à 13h37. Les récentes tensions géopolitiques, de Gaza à l’Asie du Sud-Est, mettent à l’épreuve les affirmations de succès diplomatiques attribués à Donald Trump, révélant un fossé croissant entre rhétorique et réalité sur le terrain.

  • Des conflits persistants en Thaïlande, au Cambodge, en République démocratique du Congo et à Gaza contredisent les annonces d’accords de paix.
  • Des experts soulignent une distinction cruciale entre une paix « négative » (absence de violence) et une paix « positive » (résolution des causes profondes des conflits), cette dernière étant absente des initiatives de Trump.
  • La méthode privilégiée par l’ancien président américain est jugée purement transactionnelle, axée sur l’image et les résultats immédiats plutôt que sur une paix durable et juste.

Alors que Donald Trump se présentait comme un artisan de la paix, fort d’un prix décerné par la FIFA, les événements récents jettent un doute sur l’efficacité de sa diplomatie. Des accords annoncés comme des avancées majeures se révèlent fragiles, voire inexistants, face à la résurgence des hostilités et à la persistance des tensions.

Lundi dernier, les combats ont repris entre les forces thaïlandaises et cambodgiennes, marquant une escalade de la violence depuis le cessez-le-feu conclu l’été dernier. Dans la région des Grands Lacs, l’accord récemment signé à Washington entre le Rwanda et la République démocratique du Congo est déjà remis en question. Le président congolais, Félix Tshisekedi, a publiquement dénoncé des violations des engagements pris par le Rwanda dès les premières heures suivant la signature de l’accord. La situation à Gaza reste désespérée, les Palestiniens continuant de subir des attaques quasi quotidiennes.

Ces revers interviennent alors que Donald Trump et son entourage continuaient de faire pression sur l’Ukraine pour qu’elle récompense la Russie, une attitude qui suscite l’incompréhension et l’inquiétude au sein de la communauté internationale.

Certains continuent de croire en la bonne foi de l’ancien président américain, allant jusqu’à renommer l’Institut américain pour la paix en son honneur. Cependant, les spécialistes de la politique étrangère s’appuient sur les travaux du sociologue norvégien Johan Galtung, pionnier des études sur la paix et les conflits, pour analyser les initiatives de Trump.

Galtung distinguait deux types de paix : la paix négative, qui se limite à l’absence de violence directe sans s’attaquer aux causes profondes des tensions, et la paix positive, qui implique la résolution des injustices structurelles et historiques, l’instauration de la confiance et la transformation des relations. La tension chronique entre l’Inde et le Pakistan, que Trump prétend avoir apaisée, illustre parfaitement la fragilité d’une paix purement négative.

Selon les critiques, l’approche de Trump ne vise même pas à instaurer une paix négative durable. Elle se concentre sur la conclusion d’accords transactionnels, privilégiant l’apparence et le spectacle – la poignée de main, les photos, la signature des documents – au détriment d’un processus global visant à une paix juste et durable. Comme l’écrit Arthur Putilis dans un article pour l’Institut international de la paix, l’Institut international de la paix, « la négociation est un jeu à somme nulle, basé sur le transfert de propriété en échange d’un paiement, tandis que le rétablissement de la paix cherche à faire passer les parties de la négociation sur les positions à la satisfaction des besoins et des intérêts fondamentaux pour parvenir à des résultats gagnant-gagnant. »

Ce manque d’engagement apparent est perçu par toutes les parties, transformant les négociations en processus prolongés où la mauvaise foi est de mise et où l’objectif principal devient de gérer les responsabilités en cas d’échec. Le médiateur lui-même – Donald Trump – est souvent considéré comme le moins fiable des acteurs impliqués.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.