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Uranus et Neptune pourraient être des géantes rocheuses

by Thomas Caron

Publié le 10 décembre 2025 à 10h00. Une nouvelle étude de l’Université de Zurich et du Pôle de recherche national PlanetS suggère que la composition interne d’Uranus et de Neptune pourrait être bien différente de ce que l’on pensait, remettant en question leur classification traditionnelle de « géantes de glace ».

  • Uranus et Neptune pourraient contenir une proportion de roches plus importante que de glaces, se rapprochant ainsi des planètes telluriques comme la Terre et Mars.
  • Les chercheurs ont développé un nouveau modèle de simulation pour étudier la composition interne de ces planètes, combinant approches physiques et empiriques.
  • Cette découverte pourrait également éclairer les champs magnétiques atypiques d’Uranus et de Neptune.

Les huit planètes de notre système solaire sont traditionnellement divisées en trois catégories : les planètes telluriques (Mercure, Vénus, Terre et Mars), les géantes gazeuses (Jupiter et Saturne) et les géantes de glace (Uranus et Neptune). Cependant, cette classification pourrait être remise en question. Une équipe de recherche de l’Université de Zurich (UZH) et du Pôle de recherche national (PRN) PlanetS a mené une étude approfondie sur la composition interne d’Uranus et de Neptune, aboutissant à des conclusions surprenantes.

Selon cette nouvelle étude, la proportion de roches dans ces deux planètes pourrait être beaucoup plus élevée qu’on ne le pensait, ce qui les rapprocherait davantage des planètes telluriques. Cette hypothèse s’accorde également avec les récentes découvertes concernant la planète naine Pluton, dont la composition est majoritairement rocheuse.

Pour parvenir à ces résultats, les chercheurs ont développé un nouveau modèle de simulation sophistiqué. « La classification comme géantes de glace est peut-être une simplification excessive, car ces deux planètes restent mal comprises », explique Luca Morf, doctorant à l’UZH et auteur principal de l’étude. « Jusqu’à présent, les modèles physiques reposaient sur trop d’hypothèses et les modèles empiriques étaient trop simplistes. Nous avons combiné les deux approches pour obtenir de nouveaux modèles neutres et physiquement cohérents. »

Le processus de simulation consistait à établir un profil de densité aléatoire pour l’intérieur de chaque planète, puis à calculer le champ gravitationnel correspondant aux données d’observation. À partir de là, les chercheurs ont pu déduire une composition possible, en répétant le processus de nombreuses fois pour obtenir le meilleur accord possible entre les modèles et les observations. Cette méthode garantit que le modèle respecte les lois de la physique, notamment l’équilibre entre la gravité, les forces de pression internes et la thermodynamique.

Grâce à ce nouveau modèle, l’équipe de l’UZH a découvert que la composition interne des « géantes de glace » ne se limite pas à la glace, généralement représentée par l’eau ou d’autres matières volatiles. « Nous l’avions soupçonné il y a près de 15 ans, et nous en avons enfin la preuve informatique », déclare Ravit Helled, professeure à l’UZH et directrice de l’UZH Space.

L’étude apporte également de nouvelles informations sur les champs magnétiques d’Uranus et de Neptune, qui sont plus complexes et chaotiques que celui de la Terre, avec plusieurs pôles magnétiques. « Nous avons également découvert que le champ magnétique d’Uranus pourrait être plus profond que celui de Neptune », précise Ravit Helled.

Bien que les résultats soient prometteurs, les chercheurs soulignent qu’une certaine incertitude demeure. « Les physiciens comprennent encore mal le comportement des matériaux dans les conditions extrêmes de pression et de température qui règnent à l’intérieur d’une planète. Cela pourrait influencer nos résultats », explique Luca Morf, qui souhaite affiner les modèles.

En conclusion, cette étude ouvre de nouvelles perspectives sur la composition interne d’Uranus et de Neptune et souligne la nécessité de missions spatiales dédiées pour obtenir des données plus précises. « Uranus et Neptune pourraient être des géantes de roche ou de glace, selon les hypothèses du modèle. Cependant, les données actuelles ne sont pas suffisantes pour distinguer les deux variantes. Cela nécessiterait probablement des missions ciblées vers Uranus et Neptune », explique Helled.


Contacts scientifiques :

Contact
Prof. Ravit Helled
Institut d’Astrophysique
Université de Zurich
+41(0)44 635 61 89
[email protected]


Publication originale :

Littérature
Luca Morf et Ravit Helled. Glacé ou rocheux ? Convectif ou stable ? Nouveaux modèles intérieurs d’Uranus et Neptune. Astronomy & Astrophysics, 10 décembre 2025. Doi : 10.1051/0004-6361/202556911


Informations complémentaires :

https://www.news.uzh.ch/de/articles/media/2025/Uranus-Neptun.html


Caractéristiques de ce communiqué de presse :
Journalistes
Physique/Astronomie
À l’échelle nationale
Recherche/transfert de connaissances, résultats de recherche
Français

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