Publié le 17 octobre 2025 18:35:00. Les États-Unis ont annoncé la saisie d’un pétrolier au large des côtes vénézuéliennes, une action qui intervient dans un contexte de tensions croissantes et pourrait avoir des répercussions sur les marchés pétroliers internationaux.
- La Garde côtière américaine, sous les ordres directs de Donald Trump, a intercepté un pétrolier dont l’identité et le pavillon n’ont pas été révélés.
- L’opération a immédiatement provoqué une hausse des prix du pétrole brut, avec le Brent atteignant 62,35 dollars le baril (environ 57,50 euros) et le West Texas Intermediate 58,46 dollars (environ 54 euros).
- Cette saisie s’inscrit dans un contexte de tensions militaires accrues dans la région et d’accusations mutuelles entre Washington et Caracas.
La saisie de ce pétrolier marque une escalade dans la politique américaine à l’égard du Venezuela. Jusqu’à présent, Washington n’était pas intervenu directement dans les flux pétroliers du pays, malgré les pressions exercées sur le gouvernement de Nicolás Maduro. Le Venezuela, confronté à des sanctions économiques, exportait plus de 900 000 barils de pétrole par jour le mois dernier, son volume le plus élevé de l’année, en grande partie grâce à l’importation d’essence pour diluer son pétrole brut extra-lourd.
Caracas vend actuellement son pétrole à des prix réduits à la Chine, en concurrence avec le pétrole sanctionné de la Russie et de l’Iran. Certaines entreprises, comme la société espagnole Repsol, l’indien Reliance ou l’italien ENI, se voient refuser l’accès au pétrole vénézuélien, tandis que Chevron opère sous une licence spéciale liée au remboursement de dettes.
L’annonce de la saisie a été faite par le président Trump lui-même, qui a déclaré brièvement lors d’une réunion à la Maison Blanche :
« Nous venons de saisir un pétrolier au Venezuela. »
Donald Trump, président des États-Unis
La Maison Blanche et le gouvernement vénézuélien n’ont pas encore commenté les détails de l’opération.
Cette action intervient également alors que María Corina Machado, figure de l’opposition vénézuélienne et persécutée par le régime, a quitté clandestinement le Venezuela pour se rendre à Curaçao, d’où elle poursuivra son voyage pour recevoir le prix Nobel de la paix en Norvège. Elle a dédié ce prix à Donald Trump, soulignant l’impact politique de ce geste tant à Caracas qu’à Washington.
La saisie rouvre un front déjà bien connu dans les relations bilatérales, rappelant l’embargo total imposé par Washington sur le pétrole vénézuélien en 2019, sous le premier mandat de Trump. Cette mesure avait paralysé les exportations de la compagnie pétrolière publique PDVSA et contraint Caracas à rediriger son pétrole vers l’Asie à des prix très bas. L’administration Biden avait partiellement levé ces restrictions en 2022 et 2023, accordant des licences temporaires à certaines entreprises en échange de progrès électoraux qui ne se sont jamais concrétisés. Le nouveau geste de la Maison Blanche replace donc la question pétrolière au cœur du conflit politique avec le régime de Maduro.
Le déploiement d’un porte-avions, de chasseurs et de dizaines de milliers de soldats dans la région contribue à l’escalade militaire en cours, tandis que Maduro accuse les États-Unis de préparer une intervention pour le renverser et s’emparer des réserves pétrolières du pays.
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