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Des scientifiques cartographient pour la première fois de gigantesques systèmes fluviaux sur Mars, clés possibles pour trouver des signes de vie passée | Internationale | Nouvelles

Publié le 2024-02-29. Des scientifiques ont cartographié pour la première fois l’ensemble des réseaux fluviaux anciens de Mars, révélant des systèmes interconnectés qui pourraient receler des indices de vie passée sur la planète rouge. Une équipe internationale a…

Des scientifiques cartographient pour la première fois de gigantesques systèmes fluviaux sur Mars, clés possibles pour trouver des signes de vie passée | Internationale | Nouvelles

Publié le 2024-02-29. Des scientifiques ont cartographié pour la première fois l’ensemble des réseaux fluviaux anciens de Mars, révélant des systèmes interconnectés qui pourraient receler des indices de vie passée sur la planète rouge.

  • Une équipe internationale a reconstitué les anciens systèmes de drainage martiens à l’échelle continentale.
  • L’étude identifie 16 vastes bassins versants couvrant environ 5 % de la surface de l’ancienne Mars.
  • Ces zones sont considérées comme des cibles prioritaires pour la recherche de traces de vie.

Une nouvelle carte des anciens réseaux fluviaux de Mars offre aux scientifiques une perspective inédite sur l’histoire géologique de la planète et oriente les futures missions à la recherche de signes de vie passée. Cette découverte, publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences, redéfinit notre compréhension du début de Mars, une planète autrefois façonnée par une abondance d’eau liquide.

Pendant des décennies, les chercheurs ont repéré des milliers de vallées, de canaux et de lits de rivières asséchés à la surface de Mars. Cependant, la manière dont ces éléments étaient connectés restait floue, tout comme leur ressemblance avec les grands fleuves terrestres, qui abritent aujourd’hui certains des écosystèmes les plus riches en biodiversité. « Nous savons depuis longtemps qu’il y avait des rivières sur Mars », explique Timothy Goudge, professeur de sciences géologiques à l’Université du Texas à Austin.

« Mais nous ne savions pas vraiment dans quelle mesure elles étaient organisées en grands systèmes de drainage à l’échelle mondiale. »

Timothy Goudge, professeur de sciences géologiques à l’Université du Texas à Austin

L’équipe, dirigée par Abdallah Zaki, postdoctorant à l’Université du Texas à Austin, a compilé des décennies d’observations orbitales et de cartes existantes pour reconstituer le parcours de l’eau sur la Mars primitive. Ils ont utilisé les données de la mission Mars Odyssey de la NASA, qui a cartographié plus de 90 % de la planète, pour relier les vallées, les anciens lits de lacs et les canyons qui servaient autrefois de voies d’écoulement.

Dans les zones où le relief était perturbé par des impacts ou l’érosion, les scientifiques ont déduit l’existence d’anciens cours d’eau en analysant la topographie et l’orientation des vallées. L’analyse a révélé 16 méga-bassins versants, chacun s’étendant sur plus de 100 000 km² (environ la taille de l’État du Colorado), couvrant ensemble environ 4 millions de km², soit environ 5 % de l’ancienne surface martienne. Les auteurs précisent que ce chiffre est probablement une estimation prudente, en raison de la destruction du paysage fluvial d’origine par des milliards d’années d’érosion.

Contrairement à la Terre, Mars, dépourvue d’activité tectonique, a développé un nombre bien plus limité de grands bassins : seulement 16, contre 91 sur notre planète. Ces bassins, bien que moins nombreux, ont eu un impact disproportionné sur l’histoire géologique de Mars. L’étude révèle qu’ils ont transporté près de la moitié des sédiments érodés par les rivières, agissant comme d’immenses « autoroutes » naturelles capables de déplacer les nutriments et d’éventuelles biosignatures sur de longues distances. L’un de ces bassins, alimentant Ma’adim Vallis, concentrait à lui seul environ 15 % des sédiments mobilisés.

À l’instar des grands systèmes fluviaux terrestres, ces méga-bassins auraient été des zones où l’eau interagissait avec différents types de roches sur de longues périodes, créant ainsi des environnements chimiquement diversifiés. Si Mars a abrité la vie par le passé, ces lieux seraient les plus susceptibles de conserver des traces de son existence.

« Plus la distance parcourue par l’eau est grande, plus l’interaction avec les roches est importante et, par conséquent, plus il y a de possibilités de réactions chimiques pouvant se traduire par des signes de vie. »

Abdallah Zaki, postdoctorant à l’Université du Texas à Austin

Cette nouvelle carte pourrait guider les futures missions martiennes, notamment celles axées sur la recherche de composés organiques, la réalisation d’études géochimiques ou la planification de campagnes de retour d’échantillons. Elle offre, pour la première fois, une vue d’ensemble des anciens écoulements d’eau sur Mars et un guide précieux pour identifier les zones où les traces les plus anciennes de la planète pourraient être découvertes.

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À propos de l’auteur: Thomas Caron

Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.