Home AffairesLe mur de la dette de 2026 soulève de nouvelles questions sur la liquidité et la croissance

Le mur de la dette de 2026 soulève de nouvelles questions sur la liquidité et la croissance

by Amélie Bernard

La dette américaine suscite des inquiétudes, mais le remboursement d’une part importante de celle-ci ne s’annonce pas aussi difficile qu’il y paraît, selon une analyse récente. Parallèlement, le marché immobilier montre des signes de ralentissement et un décalage persistant entre le sentiment économique et la réalité pourrait signaler des turbulences à venir.

Une question récemment posée interrogeait sur la capacité des États-Unis à rembourser environ un tiers de leur dette publique, soit près de 10 000 milliards de dollars (environ 15 000 milliards d’euros) d’obligations du Trésor arrivant à échéance dans les prochaines années. La dette totale du Trésor américain s’élève à environ 30 000 milliards de dollars (environ 45 000 milliards d’euros).

Or, les investisseurs, y compris la Réserve fédérale, détiennent l’intégralité de cette dette arrivant à échéance. Ces investisseurs – fonds du marché monétaire, investisseurs à revenu fixe, pays étrangers, compagnies d’assurance, particuliers et entreprises – sont souvent tenus par la loi de détenir des bons du Trésor à court terme, ou en ont un besoin opérationnel. Il est donc probable qu’ils réinvestiront massivement dans de nouvelles obligations du Trésor lorsque celles qu’ils détiennent arriveront à échéance, assurant ainsi la couverture de ces 10 000 milliards de dollars.

Cependant, l’accumulation de la dette publique reste un problème majeur. L’attention des investisseurs devrait se porter sur le volume de nouvelle dette émise l’année prochaine, car chaque dollar supplémentaire de dette publique a un impact négatif sur l’activité économique. En d’autres termes, l’endettement freine la croissance.

À ce stade, la principale préoccupation n’est donc pas de trouver des acheteurs pour la dette, mais plutôt de surveiller l’impact des dépenses publiques sur l’économie future.

Les signes de ralentissement économique se manifestent également sur le marché immobilier. Redfin a rapporté une baisse de 1,7 % des nouvelles inscriptions de logements par rapport à l’année précédente, la plus forte diminution observée depuis plus de deux ans. Cette situation est due à une faible demande d’acheteurs, à un ralentissement saisonnier et au fait que de nombreux vendeurs sont bloqués par des taux hypothécaires bas.

Les ventes de maisons en attente ont également diminué de 4,1 % sur un an, et le temps moyen de vente s’allonge, atteignant 51 jours. Les prix élevés, les taux hypothécaires, l’incertitude économique et la pénurie de biens disponibles incitent les acheteurs à la prudence.

Par ailleurs, un décalage significatif existe entre le sentiment économique et les données réelles. Les enquêtes auprès des consommateurs et des entreprises révèlent un pessimisme marqué, alors que l’activité économique continue de croître. La prévision de la Fed d’Atlanta pour le troisième trimestre est proche de 4 %, ce qui représenterait la meilleure croissance depuis 2021. Pourtant, l’indice de confiance des consommateurs se trouve à son niveau le plus bas depuis le début des relevés en 1960.

Cette divergence ne peut pas durer indéfiniment. Historiquement, une confiance négative conduit à une réduction des dépenses et des investissements, ce qui se traduit par un ralentissement économique. Il est donc probable que le sentiment s’améliore pour s’aligner sur l’activité économique, ou que l’activité économique finisse par refléter le pessimisme ambiant.

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