Home SantéComment adapter les vaccinations au système immunitaire plus faible des personnes âgées ?

Comment adapter les vaccinations au système immunitaire plus faible des personnes âgées ?

by Sophie Martin

Publié le 11 décembre 2025 13h30. Avec l’âge, le système immunitaire s’affaiblit, rendant les seniors plus vulnérables aux infections et aux maladies. De nouvelles générations de vaccins, plus efficaces, offrent désormais une protection renforcée contre ces risques.

  • L’efficacité des vaccins diminue avec l’âge, mais des vaccins à dose plus élevée ou contenant des adjuvants améliorent la réponse immunitaire.
  • Le vaccin contre le zona, en particulier, atteint une efficacité supérieure à 90 % grâce à un adjuvant spécifique.
  • Un nouveau vaccin contre le pneumocoque, couvrant 21 sérotypes, sera disponible au printemps 2025 pour mieux protéger les personnes âgées.

Le vieillissement s’accompagne d’une baisse progressive de l’immunité, un phénomène connu sous le nom d’immunosénescence. Cette diminution de la capacité du système immunitaire à combattre les agressions extérieures favorise l’apparition de maladies infectieuses, inflammatoires et même de cancers. Elle réduit également l’efficacité des vaccins, laissant les personnes âgées plus exposées aux complications.

Plusieurs facteurs expliquent cette fragilité accrue. Selon le professeur Dr Birgit Weinberger de l’Université d’Innsbruck et le Dr Peter Dovjak de la Salzkammergut Klinikum Gmunden, on observe notamment une diminution du nombre de lymphocytes B et T « naïfs » – ces cellules immunitaires capables de reconnaître de nouveaux agents pathogènes – ainsi qu’une altération de leur fonctionnement. La capacité des cellules immunitaires à phagocyter (ingérer et détruire les microbes) diminue également. Parallèlement, le corps produit davantage de cytokines inflammatoires, contribuant à des réactions inflammatoires chroniques qui peuvent ouvrir la voie à des maladies auto-immunes et à des tumeurs.

Face à cette réalité, des efforts considérables sont déployés pour améliorer l’efficacité des vaccins chez les seniors. Une stratégie consiste à augmenter la quantité d’antigène – la substance qui déclenche la réponse immunitaire – dans les vaccins. Par exemple, un vaccin antigrippal à forte dose, contenant 60 µg d’hémagglutinine par souche (contre 15 µg habituellement), permet d’obtenir une concentration d’anticorps plus élevée et une meilleure protection. Un autre vaccin antigrippal utilise un adjuvant, le MF59 contenant du squalène, pour renforcer la réponse immunitaire.

Le vaccin contre le zona, une efficacité remarquable

L’adjuvant joue également un rôle crucial dans la vaccination contre le zona, une infection causée par le virus varicelle-zona qui peut entraîner des douleurs chroniques invalidantes (névralgie post-herpétique). Le premier vaccin contre le zona pour adultes utilisait une souche atténuée du virus varicelle, mais son efficacité était limitée à environ 50 %. Depuis 2018, un vaccin protéique avec adjuvant, contenant la protéine de surface virale gE produite par recombinaison et l’adjuvant AS01B (un mélange de lipide monophosphoryle A et de saponine QS-21), est disponible en Europe. Ce vaccin affiche une efficacité de plus de 90 %, même chez les personnes âgées.

L’adjuvant AS01B est également utilisé dans un vaccin récemment approuvé contre le virus respiratoire syncytial (VRS), responsable d’infections respiratoires graves chez les personnes âgées et les jeunes enfants. Il existe également une version de ce vaccin sans adjuvant. Les deux vaccins contiennent la protéine de fusion virale F. Par ailleurs, un vaccin à ARN messager (ARNm) contre le VRS, contenant l’ARNm codant pour la protéine F encapsulé dans des nanoparticules lipidiques, a également démontré une bonne efficacité contre les infections des voies respiratoires inférieures, avec une protection prouvée pendant deux à trois ans.

Un nouveau vaccin contre le pneumocoque disponible

Le pneumocoque existe sous une centaine de sérotypes différents, caractérisés par leurs capsules de polysaccharides. C’est pourquoi il existe plusieurs vaccins contre le pneumocoque, couvrant un nombre et une composition de sérotypes variables. Grâce à une couverture vaccinale élevée chez les enfants, la circulation des sérotypes inclus dans ces vaccins diminue également chez les adultes. Au printemps 2025, un nouveau vaccin conjugué contre le pneumocoque, couvrant 21 sérotypes et ciblant spécifiquement ceux qui provoquent des infections graves chez les personnes âgées, sera mis à disposition en Europe.

Les vaccinations sont un outil essentiel pour préserver la santé des seniors, sauver des vies et réduire les coûts liés aux soins de santé. En raison de leur système immunitaire affaibli, il peut être judicieux pour les personnes âgées de raccourcir les intervalles entre les vaccinations de rappel contre le tétanos, la diphtérie, la coqueluche et la maladie de Lyme (TBE). Cependant, les taux de vaccination chez les seniors restent, à ce jour, inférieurs aux objectifs souhaités.

Source : Weinberger B, Dovjak P. De Gerontol Geriat 2025 ; 58 : 517-527 ; 10.1007/s00391-025-02496-4

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