La lauréate du prix Nobel de la paix, Narges Mohammadi, a été arrêtée ce mercredi à Machhad, dans l’est de l’Iran, lors d’une cérémonie commémorative. Cette nouvelle arrestation intervient alors que la militante iranienne dénonce une intensification de la répression par les autorités.
Selon la Fondation Narges Mohammadi, les forces de sécurité iraniennes ont procédé à l’arrestation de la militante des droits des femmes et de plusieurs autres activistes. Le frère de Narges Mohammadi a confirmé sa détention et a appelé à sa libération immédiate, ainsi que à celle de ses compagnons d’arrestation. À ce stade, les autorités iraniennes n’ont fait aucun commentaire officiel.
Narges Mohammadi s’est vue décerner le prix Nobel de la paix en 2023 pour son combat contre l’oppression des femmes en Iran et sa défense des droits humains. Elle avait bénéficié d’une libération temporaire de prison en décembre 2024, pour raisons médicales, après avoir été incarcérée à la tristement célèbre prison d’Evin à Téhéran depuis 2021. Elle devait cependant y retourner pour purger plusieurs condamnations.
L’arrestation s’est produite lors d’une cérémonie en hommage à Khosrow Alikordi, un avocat décédé la semaine dernière dans des circonstances jugées « suspectes » par l’organisation norvégienne Iran Human Rights, qui a réclamé une enquête indépendante. Des slogans tels que « Mort au dictateur » et « Vive l’Iran » auraient été scandés par les participants, entraînant plusieurs arrestations.
Taghi Rahmani, l’époux de Narges Mohammadi, a déclaré à la BBC persane : « Ils ont arrêté Narges violemment. Le frère de l’avocat a été témoin de son arrestation au mémorial. » Il a dénoncé un acte « contraire aux lois sur les droits de l’homme et constituant une sorte de vengeance. »
La militante avait récemment accusé les autorités iraniennes d’intensifier la répression depuis le cessez-le-feu conclu en juin avec Israël. Dans un article publié la semaine dernière dans le magazine Time, elle décrivait un État iranien contrôlant tous les aspects de la vie, privée comme publique. « Leur paix est perturbée par la surveillance, la censure, les arrestations arbitraires, la torture et la menace constante de violence », avait-elle écrit.
Le Comité Nobel a également souligné que Narges Mohammadi avait reçu des « avertissements » de la part d’« agents du régime », lui demandant de renoncer à tout engagement public en Iran, ainsi qu’à tout plaidoyer international ou apparition médiatique en faveur de la démocratie, des droits de l’homme et de la liberté d’expression. « Les menaces proférées contre Mme Mohammadi montrent clairement que sa sécurité est en jeu », a déclaré le comité.
Au cours de sa vie, Narges Mohammadi a été arrêtée à 13 reprises et condamnée à plus de 36 ans de prison et 154 coups de fouet, selon sa fondation.
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