Publié le 12 décembre 2025 à 16h09. Des pêcheurs et des défenseurs de l’environnement de la province d’Antique ont porté plainte devant les tribunaux contre un projet d’esplanade controversé, dénonçant des irrégularités dans l’attribution des permis et des dommages potentiels à un écosystème marin protégé.
- Une action en justice a été déposée pour suspendre la construction de l’esplanade de San Jose de Buenavista (95,5 millions de pesos).
- Les plaignants accusent les autorités locales et nationales de ne pas avoir respecté les réglementations environnementales.
- Le projet est accusé de menacer des espèces marines en voie de disparition, notamment les tortues imbriquées et vertes.
Une bataille judiciaire s’engage à San Jose de Buenavista, dans la province d’Antique, concernant la construction d’une esplanade de 520 mètres de long dans le barangay Funda-Dalipe. L’Association folklorique des pêcheurs Funda-Dalipe (FDFFA), l’organisation Dihon sa ‘Raya Inc. et le résident local Remy Muescan ont déposé une action civile spéciale auprès du tribunal régional de première instance le 10 décembre, exigeant l’arrêt immédiat des travaux.
Les plaignants réclament une ordonnance de mandamus continu, ainsi que des ordonnances de protection de l’environnement temporaires et permanentes. Ils estiment que le projet, qui fait partie d’un développement côtier plus vaste appelé paquet 2, est mené en violation flagrante des lois environnementales. Le projet est mis en œuvre par le ministère des Travaux publics et de la Voirie (DPWH) par l’intermédiaire de l’entreprise JE Tico Construction Co. Inc.
Au cœur de la plainte se trouve l’affirmation que la construction se déroule au sein d’un habitat marin critique, notamment une zone de nidification pour les tortues imbriquées et vertes, deux espèces classées en danger critique d’extinction. La zone est également incluse dans la zone marine protégée de Funda-Dalipe. Les pêcheurs et les défenseurs de l’environnement affirment que les travaux ont déjà perturbé les nids de tortues et provoqué une sédimentation qui menace les récifs coralliens, essentiels à la reproduction et à l’alimentation des espèces marines.
Les dégâts sont qualifiés d’« irréversibles et irréparables » par les plaignants, qui craignent que l’introduction de structures rigides, telles que des digues, n’aggrave l’érosion côtière et ne compromette les défenses naturelles contre les tempêtes. Rowel Saldajeno, président du DFFFA, a exprimé la frustration de la communauté :
« Cette esplanade nous empêche d’amarrer nos bateaux en toute sécurité. Nos tortues sont écrasées, nos récifs étouffés et nos moyens de subsistance détruits. Nous, pêcheurs, exigeons justice avant que les mers d’Antique ne deviennent des cimetières. »
Rowel Saldajeno, président du DFFFA
Remy Muescan, directeur de la Coopérative polyvalente des employés du gouvernement provincial antique, a souligné que la plainte représente les préoccupations de toutes les communautés riveraines touchées par un développement non maîtrisé. Il a déclaré :
« Le droit à un environnement sain n’est pas négociable. Notre Constitution l’exige – et nous aussi. »
Remy Muescan, directeur de la Coopérative polyvalente des employés du gouvernement provincial antique
Les plaignants accusent également le DPWH-6 de ne pas avoir obtenu le permis révocable nécessaire pour les travaux sur l’estran, rendant ainsi la construction illégale. En octobre 2025, le Bureau provincial de l’environnement et des ressources naturelles (Penro) d’Antique avait recommandé à l’EMB-6 d’émettre un ordre d’arrêt des travaux, soulignant l’absence de ce permis.
La plainte dénonce également la délivrance d’un certificat de non-couverture (CNC) par l’EMB-6 au DPWH-6 en avril 2024, alors que le site est classé comme zone écologiquement critique (ZCE). Conformément à la réglementation en vigueur, un emplacement en ZCE exige une évaluation complète de l’impact environnemental et l’obtention d’un certificat de conformité environnementale.
Les plaignants soulignent également que le projet enfreint la servitude obligatoire de 20 mètres le long du littoral, où les constructions permanentes sont interdites, et qu’il manque de permis de zonage et de construction délivrés par le gouvernement municipal.
Plusieurs tentatives antérieures ont été faites pour stopper ou revoir le projet. En novembre 2024, le DFFFA avait formellement demandé à la commune d’arrêter les travaux en raison des menaces pesant sur l’accès à la pêche et les habitats marins. En avril et mai 2025, l’Amlig Antique Alliance avait demandé des ordonnances d’interdiction au Penro et au LGU, invoquant des permis manquants et des dommages environnementaux potentiels. Une conférence technique en avril 2025 avait révélé que le DPWH-6 n’était pas entièrement conforme aux exigences en matière de permis révocables. Malgré ces conclusions, les travaux ont continué et la LGU a refusé d’intervenir, selon les plaignants.
Outre la suspension temporaire du projet, les plaignants demandent l’annulation du CNC de l’EMB-6, l’annulation de l’ensemble du projet, le remboursement des fonds publics dépensés et l’émission d’une ordonnance permanente de protection de l’environnement pour assurer la protection à long terme du littoral et de l’écosystème marin.
Sur le même sujet
