Mis à jour le 13 décembre 2025 à 16h00. L’anxiété et les troubles du sommeil pourraient affaiblir le système immunitaire en réduisant le nombre de cellules tueuses naturelles, essentielles à la défense de l’organisme. Une étude menée auprès d’étudiantes révèle un lien significatif entre stress psychologique et diminution de ces cellules immunitaires.
- L’étude montre une corrélation entre l’insomnie et une diminution du nombre de cellules NK, tant en proportion qu’en nombre absolu.
- Les étudiantes souffrant d’anxiété présentent également un nombre réduit de cellules NK en circulation.
- Un mode de vie sain, incluant l’exercice physique et une alimentation équilibrée, peut contribuer à améliorer la fonction de ces cellules immunitaires.
Les cellules tueuses naturelles, ou cellules NK, jouent un rôle crucial dans le système immunitaire. Ces « gardes du corps » de l’organisme sont chargées de détecter et d’éliminer les cellules infectées ou anormales avant qu’elles ne puissent causer des dommages. Leur présence dans le sang, mais aussi dans les organes et les tissus, est essentielle au maintien d’une bonne santé. Une diminution de leur nombre affaiblit considérablement les défenses immunitaires.
Face à l’augmentation mondiale des troubles anxieux et de l’insomnie, des chercheurs de l’Université Taibah en Arabie Saoudite ont étudié l’impact de ces facteurs psychologiques sur l’équilibre des cellules NK, en se concentrant sur une population de jeunes femmes. Leurs résultats, publiés récemment, sont particulièrement éclairants.
« Chez les étudiantes souffrant d’insomnie, nous avons constaté une diminution du nombre de cellules NK et de leurs différents sous-types, tant en termes relatifs qu’absolus », explique Renad Alhamawi, directrice de la recherche.
« Nous avons également compté un nombre inférieur de cellules NK en circulation chez les étudiantes souffrant d’anxiété par rapport à celles ne présentant pas de symptômes. »
Renad Alhamawi, directrice de recherche
L’étude a porté sur 60 étudiantes âgées de 17 à 23 ans. Elles ont rempli des questionnaires détaillés sur leurs conditions de vie, leurs niveaux d’anxiété et leurs habitudes de sommeil. Les résultats ont révélé que plus de la moitié des participantes souffraient d’une forme d’insomnie, et près des trois quarts signalaient des symptômes d’anxiété, allant de légers à modérés ou sévères (17 % et 13 % respectivement). Des analyses sanguines ont ensuite été réalisées pour évaluer le nombre de cellules NK chez chaque participante.
Il existe deux principaux types de cellules immunitaires NK : les cellules CD16+CD56dim, les plus courantes et dotées d’une forte capacité à détruire les cellules infectées, et les cellules CD16+CD56high, plus rares, qui jouent un rôle dans la régulation de la réponse immunitaire en libérant des signaux chimiques. L’étude a montré que les étudiantes anxieuses présentaient une diminution significative des deux sous-types de cellules NK en circulation. Plus le niveau d’anxiété était élevé, plus le pourcentage de cellules NK était faible. Une légère anxiété n’a entraîné qu’une diminution non significative des mesures.
Un nombre réduit de cellules NK signifie une résistance affaiblie, ce qui rend l’organisme plus vulnérable aux infections, diminue les défenses contre les cellules cancéreuses et peut même augmenter le risque de troubles psychologiques tels que la dépression. « Si nous comprenons mieux comment le stress psychologique modifie la distribution et l’activité des cellules immunitaires, en particulier des cellules NK périphériques, nous pouvons obtenir des informations précieuses sur les mécanismes à l’origine de l’inflammation et de la tumorigenèse », souligne Alhamawi.
Les chercheurs soulignent que cette étude présente certaines limites. Elle a été menée uniquement auprès de jeunes femmes, une population particulièrement susceptible de souffrir d’anxiété et de troubles du sommeil. Des recherches complémentaires, impliquant des participants d’âges différents, des hommes et des personnes d’autres régions géographiques, sont nécessaires pour obtenir une vision plus complète du phénomène.
Des études antérieures ont déjà démontré qu’un mode de vie sain, comprenant une activité physique régulière, une alimentation équilibrée et une gestion du stress, pouvait améliorer la fonction des cellules NK. Cependant, l’anxiété et l’insomnie peuvent entraver ces bénéfices en perturbant les processus physiologiques et en favorisant l’inflammation chronique. « L’impact de ces troubles sur la santé et la qualité de vie est considérable », prévient Alhamawi. Il est donc essentiel de prendre soin de son bien-être mental, non seulement pour son équilibre psychologique, mais aussi pour renforcer son système immunitaire.
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