Publié le 13 décembre 2023 16h43. Le PDG de Ryanair, Michael O’Leary, envisage de prolonger son mandat à la tête de la compagnie aérienne, tout en reconnaissant que son départ dans les cinq à dix prochaines années pourrait adoucir l’image parfois controversée de Ryanair.
- Michael O’Leary est en négociations pour prolonger son contrat de PDG de Ryanair de trois à cinq ans au-delà de 2028.
- Il estime que Ryanair bénéficierait d’un leadership moins direct et plus conciliant après son départ.
- O’Leary a identifié quatre candidats internes potentiels pour lui succéder.
Michael O’Leary, figure emblématique du transport aérien à bas coûts en Europe, ne semble pas prêt à raccrocher immédiatement. Alors que son contrat actuel expire en 2028, il explore activement la possibilité d’une prolongation de trois à cinq ans. À 64 ans, il assure qu’il n’a aucune intention de suivre le chemin de Warren Buffett, dont il ne souhaite pas, selon ses propres termes, « traîner jusqu’à 96 ans ».
Cependant, le dirigeant reconnaît que son style de gestion, souvent direct et sans concession, a ses limites. Il a même plaisanté sur le fait que Ryanair serait plus performante sans quelqu’un qui « crie, jure et allume activement des incendies ». Cette remarque, faite au Financial Times, souligne une prise de conscience quant à l’impact de sa personnalité sur l’image de la compagnie.
O’Leary envisage donc un avenir où Ryanair pourrait adopter une approche plus douce. Il estime que son départ, dans les cinq à dix prochaines années, offrirait à la compagnie l’opportunité de se renouveler. Il a d’ailleurs déjà identifié quatre cadres internes, âgés de 30 à 40 ans, comme potentiels successeurs, les jugeant plus aptes à prendre les rênes que des candidats issus d’autres compagnies aériennes comme Aer Lingus, British Airways ou Lufthansa.
Le PDG de Ryanair est connu pour ses déclarations provocatrices et son franc-parler. En 2009, il avait même évoqué la possibilité de faire payer aux passagers l’utilisation des toilettes. Plus récemment, en juillet, il a critiqué la chancelière britannique Rachel Reeves pour sa politique fiscale, la qualifiant de personne qui « taxe la merde sur tout ce qui bouge ». Il avait également dénoncé des « réglementations à la con », qu’il attribuait à des « idiots du Parlement européen ».
Malgré ces polémiques, ou peut-être grâce à elles, Michael O’Leary a réussi à faire de Ryanair une compagnie aérienne leader en Europe, en révolutionnant le secteur grâce à une politique de coûts agressifs. Fondée par le regretté Tony Ryan, Ryanair doit beaucoup au sens des affaires et à la vision de son PDG actuel.
O’Leary a également souligné que la succession représente toujours un risque pour l’entreprise. Il a expliqué :
« Si je devais mourir demain – et nous avons eu cette discussion au sein du conseil d’administration – l’équipe senior peut clairement s’occuper des affaires pendant environ un an, mais le niveau inférieur, qui a entre le début et le milieu de la quarantaine, ne connaît aucune autre façon de gérer une entreprise. »
Michael O’Leary, PDG de Ryanair