Publié le 15 décembre 2025 07:46:00. Un graphique économique datant de 1875, connu sous le nom de « Cycle Samuel Benner », refait surface et suscite l’intérêt des marchés financiers, prédisant une crise majeure en 2026 après une période de prospérité.
- Le cycle de Benner, créé par un ancien éleveur de porcs devenu analyste financier, a historiquement coïncidé avec plusieurs krachs boursiers majeurs.
- Les indicateurs économiques actuels, tels que l’inversion de la courbe des taux et des valorisations boursières élevées, pourraient corroborer cette prédiction.
- Malgré ses succès passés, le modèle de Benner n’est pas infaillible et a connu des erreurs de prédiction.
Un graphique économique oublié, élaboré il y a près de 150 ans par Samuel Benner, un ancien éleveur de porcs de l’Ohio, est devenu un sujet de discussion brûlant dans les cercles financiers. Suite à la perte de sa fortune lors de la crise économique de 1873, Benner s’est passionné pour l’étude des cycles économiques et a développé un modèle prédictif basé sur l’observation des tendances passées. Selon ce modèle, l’année 2026 marquerait l’apogée d’un cycle de croissance, suivie d’une correction boursière significative et d’une crise financière.
L’idée qu’un agriculteur du XIXe siècle puisse anticiper les fluctuations des marchés modernes peut sembler improbable, mais le « Cycle Benner » affiche un taux de réussite surprenant. Ses partisans soulignent sa capacité à anticiper, avec une précision variable, des événements majeurs tels que le krach de 1929, l’éclatement de la bulle internet au début des années 2000, la crise immobilière de 2007 et même le repli boursier observé lors du début de la pandémie de Covid-19 en 2020. Bien que les prévisions soient parfois décalées d’un an ou deux, leur proximité avec les événements réels est remarquable, surtout compte tenu de la date de création du graphique.
Le modèle de Benner décrit l’économie comme un organisme vivant, oscillant entre des phases d’expansion, de maturité et de contraction. La phase de croissance est caractérisée par l’innovation, l’augmentation de la productivité et un optimisme généralisé. Les investisseurs sont alors enclins à accumuler des actifs, propulsant les marchés à la hausse. Cependant, à un certain stade, les valorisations s’éloignent des fondamentaux économiques, l’inflation devient difficile à maîtriser et l’endettement augmente, signalant l’approche d’un pic économique. La phase finale est inévitablement marquée par un krach boursier, des faillites d’entreprises et une « réinitialisation » du système financier, avant le début d’un nouveau cycle de croissance.
Les recommandations de Benner pour chaque phase du cycle
Selon Benner, il est conseillé de profiter pleinement des opportunités offertes par le marché pendant la phase d’expansion. À l’approche du sommet, il recommande de vendre ses actifs. En période de crise, la prudence est de mise et il est préférable de se tenir à l’écart des marchés boursiers. Le graphique suggère que 2026 correspondrait à cette dernière phase, où les prix sont élevés et où les investisseurs doivent adopter une attitude prudente.
Le cycle de Benner présente toutefois des limites. En 1945, le graphique prédisait une panique boursière qui ne s’est pas matérialisée, les marchés ayant continué à progresser à la fin de la Seconde Guerre mondiale. De même, les avertissements concernant des krachs majeurs en 1965 et 1981 ne se sont pas concrétisés. Même les « succès » du modèle nécessitent parfois une interprétation nuancée, comme dans le cas de la Grande Dépression, que le graphique avait anticipée avec deux ans d’avance.
Néanmoins, de nombreux observateurs soulignent que l’environnement financier actuel présente des similitudes avec les périodes de surchauffe passées.
Les rendements des obligations d’État américaines, en particulier l’écart entre les bons du Trésor à 10 ans et à 2 ans, se sont récemment inversés, un phénomène qui a historiquement précédé chaque récession américaine depuis les années 1970. Les valorisations boursières restent également élevées, avec un ratio cours/bénéfice du S&P 500 supérieur à 30, un niveau comparable à celui observé pendant la bulle internet et juste avant la crise de 2007. Même des institutions telles que la Banque d’Angleterre ont exprimé leur inquiétude face à ces valorisations gonflées, en particulier pour les entreprises spécialisées dans l’intelligence artificielle, avertissant que les marchés pourraient être vulnérables en cas de révision à la baisse des attentes concernant cette technologie. Vitrine d’actualités Google rapporte que le Forum économique mondial a également identifié trois « bulles » potentielles à l’échelle mondiale : les cryptomonnaies, la technologie de l’IA et la dette, alimentant les craintes d’une convergence de ces risques.
Des voix discordantes appellent à la prudence
Les investisseurs qui ont cédé à la panique en 2018 ont manqué des années de gains importants. Tenter de prédire le point bas du marché est une tâche pratiquement impossible, et même si 2026 devait être marquée par des turbulences, personne ne peut affirmer avec certitude quand le ralentissement commencera ni quelle sera son ampleur. L’investisseur légendaire Warren Buffett, qui détient actuellement des réserves de trésorerie record, se montre prudent mais pas alarmé, une position interprétée par certains analystes comme un signe de rationalité plutôt que de peur.
Le débat autour du cycle de Benner rappelle un principe fondamental : les marchés évoluent selon des cycles et non en ligne droite. Les périodes d’euphorie sont souvent suivies de corrections, et les booms finissent inévitablement par perdre de leur élan. Reste à savoir si 2026 marquera effectivement un tournant.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil financier. Investir comporte des risques et il est recommandé de consulter un conseiller financier agréé avant de prendre toute décision d’investissement.
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