Publié le 15 décembre 2025 à 15h42. Une étude de l’Institut Max Planck révèle un paradoxe inattendu lié au dépistage des infections sexuellement transmissibles (IST) chez les personnes sous prophylaxie pré-exposition (PrEP) contre le VIH : l’augmentation des cas détectés pourrait ne pas refléter une hausse réelle de la prévalence, mais plutôt une intensification du dépistage.
- La PrEP, bien qu’efficace pour prévenir le VIH, est associée à un risque accru d’autres IST.
- Une nouvelle modélisation épidémiologique suggère que l’augmentation des diagnostics d’IST après le début de la PrEP pourrait être due à une détection plus fréquente, même si la prévalence globale diminue.
- Ces résultats ont des implications importantes pour la conception et la mise en œuvre des stratégies de prévention et de surveillance des IST.
La prophylaxie pré-exposition (PrEP) contre le VIH s’est avérée un outil précieux dans la lutte contre la propagation du virus. Cependant, son utilisation est souvent corrélée à des comportements sexuels à risque plus élevé, augmentant la vulnérabilité aux autres infections sexuellement transmissibles (IST) telles que la chlamydia et la gonorrhée. Afin de minimiser ce risque, les personnes sous PrEP sont soumises à des tests de dépistage réguliers et obligatoires. Paradoxalement, les données épidémiologiques montrent une augmentation du nombre de diagnostics d’IST après le début de la PrEP. Une nouvelle étude, basée sur une modélisation mathématique, apporte une explication surprenante à cette observation.
L’équipe de recherche s’est appuyée sur un modèle épidémiologique classique, distinguant les individus susceptibles, infectés et guéris. “Un élément clé de notre modèle est la distinction entre les infections symptomatiques et asymptomatiques, ce qui nous permet de modéliser l’impact du dépistage”, explique Laura Müller, l’une des principales chercheuses. « Le dépistage régulier des IST peut révéler un plus grand nombre d’infections actives, ce qui se traduit par une augmentation des cas signalés, même si le nombre réel d’infections diminue. » Selon l’étude, plus le dépistage est fréquent, plus ce paradoxe est susceptible de se produire, soulignant ainsi l’importance de maintenir des programmes de dépistage robustes.
L’étude confirme l’efficacité du dépistage fréquent des IST, tel que recommandé dans les programmes allemands de PrEP, en tant que mesure de santé publique. Elle démontre qu’un dépistage régulier peut réduire efficacement la propagation des infections bactériennes sexuellement transmissibles et compenser les éventuels changements de comportement liés à la protection contre le VIH. Ainsi, l’augmentation des cas signalés d’IST après le début de la PrEP pourrait être un signe paradoxal de son succès, révélant des infections auparavant non détectées.
« Notre recherche montre que les programmes de PrEP peuvent être un outil puissant à double effet, mais nous devons faire preuve de prudence dans leur évaluation. »
Seba Contreras, chercheur principal du projet
« Une augmentation des cas signalés peut également être un signe de succès, il est donc essentiel d’interpréter les données de surveillance avec prudence lors de la prise de décisions de santé publique », ajoute-t-il. Les résultats de cette étude pourraient s’avérer précieux pour le développement de stratégies de surveillance et de contrôle des IST.
Source originale :
https://www.pnas.org/doi/10.1073/pnas.2524944122
Pour plus d’informations :
https://www.ds.mpg.de/4109696/251215_STIs
Critères de ce communiqué :
Journalistes, scientifiques et universitaires, étudiants
Biologie, Médecine, Nutrition / soins de santé / soins infirmiers, Physique / astronomie, Études sociales
transrégional, national
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Allemand
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