La Marine royale marocaine et la Marine nationale française mènent actuellement la 33e édition de l’exercice naval Chebec en Méditerranée. Débutée le 11 septembre 2026, cette manœuvre bilatérale intègre pour la première fois un volet de lutte cyber et associe des frégates, des hélicoptères ainsi qu’un sous-marin nucléaire d’attaque.
La coopération militaire entre la France et le Maroc franchit un nouveau cap en Méditerranée. Depuis le 11 septembre 2026, les deux forces navales intensifient leurs entraînements conjoints dans le cadre de l’exercice annuel Chebec conduit depuis sa création en 1994. Cette trente-troisième édition met à l’épreuve l’interopérabilité des équipages à travers des scénarios combinant des composantes classiques de la guerre navale et de nouvelles menaces numériques.
La phase préparatoire entre Toulon et Hyères
Avant de gagner la haute mer, les marins marocains et français ont répété leurs gammes à terre. Les préparatifs se sont déroulés depuis la base navale de Toulon et la base d’aéronautique navale d’Hyères. Les équipages ont notamment travaillé sur simulateur de manœuvre et de navigation, tout en enchaînant des exercices pratiques de lutte contre les incendies et les voies d’eau dans les locaux techniques.

Cette phase initiale à quai a permis d’harmoniser les protocoles d’échange radio, les signaux convenus et les distances de sécurité. Les frégates engagées, à savoir la frégate marocaine Tarik Ben Ziyad et la frégate française Guépratte, ont ensuite conduit des entraînements en conditions réelles en mer.
Une première intégration de la lutte cyber et des sous-marins
L’édition 2026 marque un tournant dans l’histoire de l’exercice par l’élargissement de son spectre tactique. Pour la première fois, les entraînements intègrent un volet cyber destiné à contrer les menaces susceptibles d’affecter les systèmes numériques et les capacités de communication des bâtiments.
Parallèlement, la participation d’un sous-marin nucléaire d’attaque de la Marine nationale française a permis d’approfondir l’entraînement dans le domaine de la lutte sous-marine. Des hélicoptères Panther des deux marines ont également pris part aux opérations pour tester la coordination entre moyens navals et aériens embarqués.

Escale à Tanger et patrouille conjointe en mer d’Alboran
Le dispositif militaire prévoit une escale à Tanger à partir du 30 septembre. Ce temps fort est marqué par la coprésidence d’une Journée VIP par le Contre-Amiral Mohamed Tahin, Inspecteur de la Marine Royale Marocaine, et le Vice-Amiral d’escadre Laurent Hermann, commandant de la zone maritime Méditerranée de la Marine nationale française.
Au terme de cette escale, les deux frégates mèneront une patrouille opérationnelle conjointe en mer d’Alboran. L’objectif consiste à consolider la capacité des deux nations à planifier, coordonner et conduire des opérations conjointes afin de répondre efficacement à une éventuelle situation de crise en mer.