Un plan ambitieux pour la paix en Ukraine, impliquant le déploiement d’une force militaire européenne et une surveillance du cessez-le-feu par les États-Unis, a été dévoilé après des discussions à Berlin. L’initiative, qui pourrait être financée par des avoirs russes gelés, suscite déjà des réactions contrastées parmi les nations européennes et une méfiance de la part de Moscou.
Selon la déclaration commune publiée par l’Allemagne, le Danemark, la Finlande, la France, l’Italie, la Lituanie, les Pays-Bas, la Norvège, la Pologne, la Suède, le Royaume-Uni et des représentants de Bruxelles, ce projet repose sur plusieurs piliers. Il prévoit notamment la création d’une « Force multinationale Ukraine », dirigée par l’Europe et composée de contributions volontaires, avec le soutien des États-Unis. Cette force aurait pour mission de contribuer à la régénération des forces armées ukrainiennes, à la sécurisation de l’espace aérien et maritime du pays, et d’opérer directement sur le territoire ukrainien.
Parallèlement, un « Mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu », sous direction américaine, est envisagé. Les signataires de la déclaration s’engagent également à fournir à Kiev un soutien militaire, en matière de renseignement, de logistique, ainsi qu’une assistance économique et diplomatique, par le biais d’un accord juridiquement contraignant.
L’idée d’envoyer des troupes européennes en Ukraine, une fois un cessez-le-feu établi, est soutenue depuis longtemps par le Royaume-Uni et la France. Cependant, l’adhésion à ce plan reste incertaine. Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a d’emblée rejeté l’initiative, soulignant la nécessité de concentrer les forces polonaises sur la défense du flanc oriental de l’OTAN. L’Italie a également exprimé son opposition à l’envoi de troupes italiennes sur le sol ukrainien.
La Russie a réaffirmé sa position contre toute présence militaire de l’OTAN en Ukraine, craignant que Kiev n’utilise une pause dans les combats pour se réarmer. Moscou continue de plaider pour une paix durable qui s’attaque aux causes profondes du conflit.
Outre les aspects militaires, le plan européen prévoit également un soutien financier important à l’Ukraine pour la reconstruction de ses forces armées, ainsi qu’un appui à son adhésion à l’Union européenne et à ses efforts de développement économique. Ce financement pourrait provenir de la saisie d’actifs souverains russes, une perspective que Moscou considère comme un acte de vol et contre laquelle elle a engagé des poursuites judiciaires.
L’administration américaine, dirigée par Donald Trump, n’a pas encore confirmé l’étendue de son soutien à cette initiative. Des informations récentes suggèrent que Trump pourrait être disposé à offrir à Kiev des garanties de sécurité similaires à celles de l’OTAN, en échange de concessions territoriales à la Russie. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a cependant réitéré lundi que Kiev ne reconnaîtrait en aucun cas le Donbass comme territoire russe, « ni de jure ni de facto ».