Les marchés financiers s’apprêtent à vivre une semaine cruciale, marquée par des décisions de banques centrales déterminantes et la publication de données économiques clés. Les investisseurs scrutent attentivement les signaux susceptibles d’orienter les taux d’intérêt et l’évolution des principales devises.
La Banque du Japon (BoJ) sera particulièrement surveillée. Selon NikkeiAsia, elle pourrait relever ses taux pour la première fois en 11 mois. Une décision contraire serait perçue comme une surprise majeure, d’autant plus que des informations suggèrent que la BoJ envisagerait de poursuivre cette politique de resserrement monétaire. Une telle évolution pourrait exercer une pression à la hausse sur le yen. Les analystes techniques notent la formation d’un schéma haussier qui, s’il se confirme, pourrait signaler un renforcement significatif de la devise japonaise.
Parallèlement, les regards se tournent vers la Banque centrale européenne (BCE). Des discussions se multiplient quant à la possibilité de réviser à la hausse ses prévisions de croissance et d’envisager de nouvelles hausses de taux en 2026. Une telle perspective pourrait soutenir l’euro et entraîner une augmentation des taux d’intérêt dans la zone euro. Sur le plan technique, un schéma en « tête et épaules inversée » se dessine, laissant entrevoir une cassure de la tendance baissière à court terme et une possible hausse du rendement des obligations italiennes à 10 ans.
La Banque d’Angleterre (BoE) annoncera également sa décision jeudi matin. Une baisse des taux est largement anticipée, mais l’incertitude plane sur les mesures qui suivront. Le Royaume-Uni est confronté à un défi de stagflation, avec une inflation persistante et une croissance économique quasi inexistante. La BoE pourrait continuer à réduire ses taux, mais au risque de déprécier la livre sterling. Les graphiques techniques suggèrent une probabilité croissante d’une cassure à la hausse du rendement des obligations britanniques à 10 ans.
Les États-Unis publieront mardi leur rapport sur l’emploi de novembre, avec une prévision d’augmentation de seulement 40 000 emplois et un taux de chômage estimé à 4,4 %. Jeudi, l’indice des prix à la consommation (IPC) de novembre sera dévoilé, avec une hausse attendue de 0,3 % sur un mois et de 3,0 % sur un an. Le pétrole brut a franchi une résistance importante vendredi, dépassant les 4,80 $ (le baril). Certains analystes estiment qu’il pourrait atteindre les 5 $ (le baril) dans les jours à venir.
À ce stade, les marchés sont à un point d’inflexion de la courbe des taux. La courbe s’accentue, et historiquement, une telle configuration n’a pas été favorable aux marchés boursiers. Cette tendance s’est vérifiée tant lors de périodes de pentification haussière que baissière. Compte tenu de l’écart négatif actuel à 10 ans, une pentification supplémentaire semble probable.
Enfin, cette semaine coïncide avec une période d’expiration des options (opex). Si le niveau de 6 800 n’est pas maintenu, le marché pourrait connaître une forte baisse, avec un manque de soutien significatif avant 6 500. Si le marché ne parvient pas à se redresser lundi, il risque de basculer dans un régime de volatilité accrue.