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Le dollar américain reste concentré sur le marché du travail

Washington – Le dollar américain est sur une pente glissante, et son avenir immédiat est étroitement lié aux stratégies divergentes des grandes banques centrales mondiales. Alors que la Réserve fédérale américaine envisage de poursuivre sa politique de baisse…

Le dollar américain reste concentré sur le marché du travail

Washington – Le dollar américain est sur une pente glissante, et son avenir immédiat est étroitement lié aux stratégies divergentes des grandes banques centrales mondiales. Alors que la Réserve fédérale américaine envisage de poursuivre sa politique de baisse des taux d’intérêt, d’autres institutions pourraient adopter une approche plus prudente, créant un climat d’incertitude pour la devise américaine.

L’économie mondiale pourrait connaître sa période la plus difficile depuis 2017, avec une contraction d’environ 9,5 % déjà enregistrée depuis le début de l’année 2025. Cette baisse est largement attribuée aux divergences de politique monétaire entre les principales banques centrales. La Banque centrale européenne (BCE), la Banque d’Angleterre (BoE) et la Banque du Japon (BoJ) maintiennent, voire augmentent, leurs taux d’intérêt, tandis que la Fed semble déterminée à les réduire.

L’ampleur et la rapidité de ces changements de politique monétaire seront déterminantes pour l’évolution du dollar. Les prévisions actuelles du Comité fédéral de l’ouverture des marchés (FOMC) n’anticipent qu’une seule baisse de taux en 2026, mais les marchés financiers en prévoient déjà deux. Une accélération de ce rythme, sous l’influence des données économiques et des pressions exercées par l’administration américaine, pourrait entraîner une nouvelle dépréciation du dollar.

L’influence de la Maison Blanche sur le choix du prochain président de la Fed est également à surveiller. Donald Trump privilégie des taux d’emprunt proches de 1 % ou inférieurs. À ce stade, Kevin Warsh apparaît comme le favori pour succéder à Jerome Powell, avec 49 % de chances selon la plateforme de prévision Kalshi, contre 37 % pour Kevin Hassett. Polymarket donne des chiffres légèrement différents, de 45 % et 42 % respectivement.

Les marchés dérivés indiquent une probabilité de 53 % que la Fed reprenne son cycle d’assouplissement monétaire dès le mois de mars. Cependant, la décision finale dépendra des prochains chiffres de l’emploi, notamment ceux des mois d’octobre et de novembre. La Fed accordera une attention particulière à la tendance générale et à la révision des données antérieures. Jerome Powell a souligné que les statistiques officielles pourraient surestimer la création d’emplois d’environ 60 000 postes par mois, ce qui pourrait masquer une perte nette de 20 000 emplois depuis avril.

Les autres banques centrales suivront de près l’évolution du marché du travail américain, car cela aura un impact direct sur leurs propres politiques monétaires et, par conséquent, sur le dollar. Un affaiblissement de la devise américaine entraînerait une appréciation de l’euro, de la livre sterling et du yen japonais, ce qui pourrait freiner la croissance économique dans la zone euro, au Royaume-Uni et au Japon.

Face à cette perspective, la BCE pourrait recourir à des « interventions verbales » pour tenter de freiner la hausse de l’euro. La BoE et la BoJ, quant à elles, pourraient profiter de cette situation pour normaliser progressivement leur politique monétaire. Le rythme lent de la BoE est perçu positivement par les investisseurs, qui anticipent deux assouplissements en décembre et au cours de l’année 2026. Cette approche prudente permet à la livre sterling de se renforcer.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.