Publié le 16 décembre 2025 18:30. Les récentes tensions diplomatiques entre la Chine et le Japon se sont propagées au monde du sport, ciblant notamment le joueur de tennis de table sino-japonais Tomokazu Harimoto, pris dans une controverse suite à ses déclarations et aux réactions hostiles du public chinois.
- Le joueur de tennis de table Tomokazu Harimoto a été hué par le public chinois lors de compétitions en Chine.
- Harimoto a cité une déclaration du Premier ministre japonais Sanae Takaichi, exacerbant la colère des nationalistes chinois.
- L’affaire souligne les tensions croissantes entre les deux pays, qui s’étendent désormais au domaine sportif.
La polémique a éclaté après que le Premier ministre japonais Sanae Takaichi ait affirmé, lors d’une session parlementaire, que « si quelque chose ne va pas à Taïwan, alors quelque chose ne va pas au Japon ». Cette déclaration a provoqué une vive réaction de la Chine, déjà tendue avec Tokyo sur plusieurs dossiers. Les répercussions se sont rapidement fait sentir dans le monde sportif, avec Tomokazu Harimoto, né en Chine mais naturalisé japonais, comme figure centrale.
Lors de la Coupe du monde de snooker par équipes mixtes tenue à Chengdu début décembre, Harimoto et ses parents, originaires du Sichuan, ont été accueillis par des huées et des slogans hostiles. Les spectateurs chinois ont notamment scandé « Soutenez la mort du Japon » à l’entrée de l’équipe japonaise. Malgré ce contexte hostile, l’équipe japonaise a remporté sa rencontre contre Hong Kong (8-2). Après avoir gagné son match, Harimoto a effectué un geste perçu comme provocateur par le public chinois, attisant davantage la colère.
La tension est remontée lors des Finales de fin d’année du WTT Table Tennis à Hong Kong. Alors que le champion du monde Wang Chuqin s’est retiré sur blessure, Harimoto a atteint la finale du simple messieurs, battant le Suédois Moregaard sur le score de 4-2. C’est à cette occasion qu’il a cité la déclaration de Sanae Takaichi dans une interview d’après-match.
« C’est la cinquième fois que je participe à ce tournoi de fin d’année et la quatrième fois que je me qualifie pour la finale. Il n’y a que trois choses à faire. Cette fois, nous devons réussir. Quelle que soit la force de l’adversaire, selon les mots du Premier ministre Takaichi, “Absolument, absolument, absolument, absolument, absolument, je gagnerai”. Je veux me battre avec ma foi. »
Tomokazu Harimoto
Cette citation a déclenché une vague de critiques en ligne de la part des internautes chinois, qui ont dénoncé le joueur pour son manque de respect et son soutien à une position politique jugée hostile. Les commentaires acerbes se sont multipliés sur les réseaux sociaux, accusant Harimoto d’être « plus japonais que japonais » et remettant en question sa loyauté envers son pays d’origine. Certains ont même appelé à son exclusion des compétitions en Chine. Des messages tels que « Une famille du Sichuan » ou « Il a même visité un sanctuaire avant les Jeux olympiques » ont circulé, soulignant le passé familial de Harimoto et ses affiliations religieuses.
L’affaire Harimoto illustre la sensibilité politique croissante dans le sport international et la manière dont les tensions diplomatiques peuvent affecter les athlètes, en particulier ceux ayant des liens avec les deux pays concernés. Elle met également en lumière la complexité des identités nationales et des loyautés dans un contexte de relations internationales tendues.
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