Publié le 16 décembre 2025 à 19h34. Les assistants conversationnels basés sur l’intelligence artificielle peinent à répondre correctement aux questions spécifiquement suisses et ont tendance à inventer des informations, révélant des lacunes importantes dans leur adaptation au contexte local.
- Les chatbots, même les plus performants comme ChatGPT, montrent des faiblesses notables lorsqu’ils sont interrogés sur des sujets liés à la Suisse.
- Le chatbot Claude d’Anthropic arrive en tête du classement, suivi de Copilot de Microsoft et Gemini de Google.
- Il est crucial de faire preuve de prudence lors de l’utilisation de ces outils, en particulier pour des questions sensibles comme la santé ou le droit.
Une étude menée par la Haute école spécialisée du nord-ouest de la Suisse (FHNW) a mis en évidence les difficultés des chatbots d’intelligence artificielle (IA) à traiter des questions relevant de la culture et du quotidien suisse. L’expérience a consisté à soumettre dix assistants conversationnels largement utilisés à plus de 300 questions portant sur des thèmes variés : vie quotidienne, connaissances générales, droit et santé. Un comité d’experts a ensuite analysé la pertinence et l’exactitude des réponses fournies.
L’étude révèle que plusieurs chatbots ont du mal à répondre aux questions spécifiques à la Suisse, soit en inventant des informations, soit en se basant sur des connaissances relatives à l’Allemagne. Par exemple, interrogés sur ce qu’on obtient en commandant un « Stangele » dans un restaurant suisse, deux des chatbots testés ont répondu qu’il s’agissait d’un pain long et frais, alors qu’il s’agit en réalité d’une bière.
Le chatbot Lumo, développé par la société suisse Proton, arrive en queue de peloton. Bien qu’il se distingue par son respect de la vie privée, il accuse un retard en termes de qualité des réponses. « Dans certains cas, Lumo fournit des réponses en seulement trois mots – ou des réponses très longues et inventées », explique Simon Felix, expert en intelligence artificielle à la FHNW.
ChatGPT, malgré sa popularité avec environ 800 millions d’utilisateurs hebdomadaires selon son fabricant Open AI, obtient des résultats mitigés. « Le produit ne donne pas de mauvaises réponses, mais il n’apporte pas non plus de très bonnes réponses », précise l’expert en IA. Il montre également des faiblesses face aux questions suisses.
À l’inverse, le chatbot Claude d’Anthropic a été le plus performant, fournissant les réponses les plus utiles et concises. Anthropic a été fondée par d’anciens chercheurs d’Open AI.
Copilot de Microsoft et Gemini de Google se classent également dans la catégorie « bons ». Il est intéressant de noter que Copilot, basé sur le même modèle de langage technique que ChatGPT, offre de meilleures réponses. « Nous attribuons cela au fait que Microsoft rédige de meilleures directives et met à disposition une puissance de calcul supplémentaire – et génère ainsi de meilleures réponses », explique Felix. Cela démontre l’importance de la manière dont les fournisseurs façonnent leurs modèles.
Les experts insistent sur la nécessité de faire preuve de prudence lors de l’utilisation de ces outils, en particulier pour des sujets sensibles. Ils ne sont adaptés qu’aux questions dont une réponse incorrecte n’aurait pas de conséquences graves. « Lorsqu’il s’agit d’informations médicales, de santé mentale ou de questions juridiques, une mauvaise réponse peut être fatale », prévient l’expert.
Il est également crucial de protéger les données personnelles et confidentielles. Les informations sensibles, telles que les numéros internes, les noms ou les documents secrets, ne doivent pas être saisies dans les chatbots.
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