Accusé de diriger un important réseau de trafic de cocaïne dans le port du Havre, son lieu de naissance, Abdelkader Bouguettaia a nié en bloc les accusations portées contre lui lors de son deuxième jour de procès à Lille. Malgré ces dénégations, des témoignages accablants et des preuves numériques le présentent comme une figure centrale du trafic de stupéfiants dans la région normande.
Le tribunal judiciaire de Lille examine depuis lundi 15 décembre les deux premières affaires sur les trois dans lesquelles Abdelkader Bouguettaia est impliqué, concernant l’importation de plus de 2 tonnes de cocaïne. Un ancien membre du réseau a livré un témoignage particulièrement troublant, affirmant avoir reçu un message de Bouguettaia, surnommé « Bibi », contenant une photo de sa nièce décédée accompagnée d’un message menaçant : « c’est juste pour te rappeler qui commande ». Ce témoin a décrit « Bibi » comme une personne intimidante qui l’obligeait à travailler pour lui. « Il était à la tête d’un empire », a-t-il déclaré, précisant que Bouguettaia réalisait un profit de 1 000 euros par kilo de cocaïne écoulé.
L’accusation s’appuie également sur de nombreux messages et appels provenant d’un numéro de téléphone associé au nom « Bibi », retrouvés sur les téléphones de plusieurs intermédiaires identifiés. Interrogé à ce sujet, Abdelkader Bouguettaia a affirmé ne pas connaître ces personnes, ou alors de loin. « Quelqu’un d’autre que moi s’est sûrement fait passer pour Bibi », a-t-il déclaré, une réponse qui a surpris la présidente du tribunal qui a souligné le fait que de nombreuses personnes l’identifiaient.
À la fin de l’audience, Abdelkader Bouguettaia a choisi de garder le silence, réservant sa défense pour une autre enquête en cours à Paris. Il est mis en examen dans cette affaire, également pour trafic de cocaïne, depuis juin dernier, après avoir été extradé de Dubaï où il résidait depuis plus de cinq ans.
Par ailleurs, le président Emmanuel Macron, en déplacement à Marseille ce mardi 16 décembre, a annoncé son intention de renforcer la coopération avec les pays d’origine des chefs de réseaux de narcotrafic. Il a également annoncé le relèvement de l’amende forfaitaire pour les consommateurs de drogue, passant de 200 à 500 euros.
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