Publié le 17 décembre 2025 à 05h23. L’administration Trump a annoncé un blocus total des exportations pétrolières vénézuéliennes, intensifiant la pression sur Caracas et menaçant de recourir à la force pour récupérer des actifs pétroliers nationalisés il y a des décennies.
- Les États-Unis imposent un blocus complet aux pétroliers sanctionnés entrant et sortant du Venezuela.
- Un important déploiement militaire américain dans les Caraïbes suscite des inquiétudes quant à une intervention potentielle.
- Donald Trump affirme que le Venezuela est « complètement encerclé » par une armada sans précédent.
Washington a franchi une nouvelle étape dans sa campagne de pression contre le gouvernement de Nicolás Maduro en ordonnant un blocus total des exportations pétrolières vénézuéliennes. L’annonce, faite par le président Donald Trump sur sa plateforme Truth Social, intervient après la saisie d’un pétrolier en provenance du Venezuela et l’imposition de sanctions à plusieurs autres navires et entreprises liés à l’industrie pétrolière du pays.
Dans un message virulent, M. Trump a déclaré :
« J’ordonne UN BLOCUS TOTAL ET COMPLET DE TOUS LES PÉTROLES SANCTIONNÉS entrant et sortant du Venezuela. »
Il a également affirmé que le Venezuela était « complètement encerclé par la plus grande Armada jamais rassemblée dans l’histoire de l’Amérique du Sud », faisant référence au déploiement militaire américain dans les Caraïbes.
Ce déploiement, officiellement justifié par la lutte contre le trafic de drogue en Amérique latine, est perçu par Caracas comme une préparation à une intervention militaire visant à renverser Nicolás Maduro, que les États-Unis et de nombreux pays considèrent comme un président illégitime. Les tensions se sont accrues ces dernières semaines, M. Trump ayant même laissé entendre qu’il pourrait lancer une action militaire à l’intérieur du Venezuela et déclarer son espace aérien « fermé ».
L’économie vénézuélienne, fortement dépendante des revenus pétroliers, est particulièrement vulnérable à cette nouvelle offensive. Cependant, M. Trump a également souligné son intention de récupérer l’accès des États-Unis à la production pétrolière vénézuélienne. Il a affirmé que l’armada américaine « ne fera que s’agrandir » jusqu’à ce que le Venezuela restitue « aux États-Unis d’Amérique tout le pétrole, les terres et les autres actifs qu’ils nous ont volés auparavant ». Il n’a pas précisé à quel pétrole ou territoire il faisait référence, mais le Venezuela a nationalisé son industrie pétrolière dans les années 1970, et les entreprises ont été contraintes de céder leur contrôle majoritaire à la compagnie pétrolière nationale, PDVSA, sous la présidence d’Hugo Chávez.

La société américaine Chevron, qui opère toujours au Venezuela en vertu d’une dérogation spéciale aux sanctions, a déclaré que ses opérations « se poursuivent sans interruption et dans le plein respect des lois et réglementations applicables à ses activités ». Le Venezuela a, quant à lui, dénoncé l’annonce de M. Trump, la qualifiant de tentative de « voler les richesses qui appartiennent à notre patrie ».
Le Pentagone a défendu son opération, baptisée « Southern Spear », en affirmant qu’elle cible les cartels de la drogue désignés comme organisations terroristes étrangères. L’armée américaine a jusqu’à présent frappé des bateaux en eaux internationales soupçonnés de trafic de drogue, tuant au moins 95 personnes, ce que de nombreux experts qualifient d’exécutions extrajudiciaires. L’administration Trump a également désigné un groupe vénézuélien présumé, le Cartel de los Soles, comme organisation terroriste et accuse M. Maduro d’en être le chef.

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