Publié le 17 décembre 2023 à 16h15. L’exécution prévue d’un homme reconnu coupable du meurtre de deux agents immobiliaires en Géorgie a été suspendue à la dernière minute, après une demande inhabituelle de la part du condamné concernant son dernier repas.
- Stacey Humphreys, 52 ans, devait être exécuté par injection létale le mercredi 17 décembre.
- La suspension est due à une demande de dernier repas exceptionnellement copieux, soulevant des questions sur son état de santé.
- Des contestations juridiques concernant l’impartialité des membres de la commission des grâces et des libérations conditionnelles ont également été déposées.
L’exécution de Stacey Humphreys, condamné pour le meurtre de deux agents immobiliers en 2003, a été reportée de manière inattendue. Le Conseil d’État des grâces et des libérations conditionnelles de Géorgie a pris cette décision après que Humphreys ait demandé un dernier repas particulièrement conséquent : une tapa barbecue, des côtes de porc, un double cheeseburger avec bacon, des frites, de la salade de chou, du pain de maïs, des ailes de buffalo, une pizza, deux sodas citron et lime, et une glace à la vanille. Cette demande a mis en lumière l’état de santé du condamné, qui souffre d’obésité et de divers problèmes médicaux.
Humphreys a été reconnu coupable en septembre 2007 du meurtre de Cyndi Williams, 33 ans, et Lori Brown, 21 ans, deux agents immobiliers travaillant dans un bureau de vente près d’Atlanta. Le 3 novembre 2003, vers midi, il s’était introduit dans les locaux et avait contraint les victimes à se déshabiller et à révéler le code PIN de leurs cartes bancaires avant de leur tirer dessus. Il avait ensuite retiré plus de 3 000 USD (environ 2 770 €) des comptes bancaires des femmes et avait avoué à la police avoir besoin d’argent pour réparer son camion. Au moment des faits, il était en liberté conditionnelle pour une condamnation antérieure pour vol qualifié, après avoir été libéré de prison treize mois plus tôt.
La condamnation à mort a été confirmée après un long processus judiciaire, avec de multiples recours. Les avocats de Humphreys ont contesté la validité de la peine, arguant d’un jury partial et d’irrégularités dans la sélection des jurés. Ils ont également soutenu que l’exécution violerait son droit à une procédure régulière, en invoquant un accord conclu pendant la pandémie qui avait suspendu les exécutions et qu’ils estimaient devoir encore s’appliquer. Cependant, les tribunaux fédéraux et de l’État ont rejeté ces arguments, les jugeant irrecevables ou prescrits. En octobre dernier, la Cour suprême des États-Unis a refusé d’examiner l’affaire, rendant la décision définitive.
L’ordonnance de suspension, publiée par le Conseil des grâces et des libérations conditionnelles de Géorgie, ne précise pas les raisons du report ni sa durée. Cette décision intervient dans un contexte de contestations juridiques déposées par les avocats de Humphreys, remettant en question l’impartialité de Kimberly McCoy, qui avait été procureure dans l’affaire, et de Wayne Bennett, ancien shérif. Les avocats de la défense ont demandé au juge d’interdire toute action jusqu’à ce qu’une décision finale soit prise concernant la récusation de ces membres du conseil.
L’ordre d’exécution de Humphreys reste en vigueur jusqu’au 24 décembre à midi. Si l’exécution n’est pas effectuée avant cette date, l’État devra demander une nouvelle ordonnance. La commission des libérations conditionnelles pourrait lever la suspension à tout moment, laissant la possibilité que l’exécution soit reprogrammée si les contestations judiciaires en cours sont résolues.