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Formation sur l’état des lieux – CNRC

Publié le 17 décembre 2025 à 15h59. La formation d'un nouveau gouvernement néerlandais piétine, avec des négociations complexes et des divergences sur la participation de partis plus radicaux. Rianne Letschert, nouvelle formatrice, tente de trouver un terrain d'entente…

Formation sur l’état des lieux – CNRC

Publié le 17 décembre 2025 à 15h59. La formation d’un nouveau gouvernement néerlandais piétine, avec des négociations complexes et des divergences sur la participation de partis plus radicaux. Rianne Letschert, nouvelle formatrice, tente de trouver un terrain d’entente entre les différentes forces politiques.

La quête d’une coalition gouvernementale aux Pays-Bas se poursuit ce mercredi, avec une nouvelle rencontre pour Mirjam Bikker, leader de l’Union chrétienne. Elle s’entretiendra à 9 heures avec Rianne Letschert, l’informateur désigné par le parti D66 il y a une semaine, pour une troisième tentative de débloquer la situation. Bikker minimise l’importance de cette rencontre, la considérant comme une simple formalité. « La formation repose véritablement sur d’autres partis, qui y travaillent depuis des semaines. On nous décrit souvent comme un parti constructif, et c’est le cas, mais nous le sommes en tant que parti représenté à la Chambre des représentants », a-t-elle déclaré.

Rianne Letschert a pour mission de sonder les intentions des partis d’opposition, notamment leur volonté de soutenir une nouvelle coalition, que ce soit de manière globale ou sur des points spécifiques. Geert Wilders, leader du PVV, a déjà rencontré Letschert mardi soir, affichant une attitude plus réservée que Bikker. « Nous avons eu une conversation agréable, mais je n’ai pas vraiment répondu aux questions qu’elle me posait. Je lui ai simplement dit que je ne révélerais pas mes intentions », a-t-il affirmé.

D66, VVD et CDA espèrent parvenir à un accord de fond d’ici six semaines. Les dirigeants de ces partis se réuniront quotidiennement cette semaine pour des entretiens, et leurs collaborateurs les remplaceront en cas d’indisponibilité. Même les agents de sécurité ont parfois du mal à les identifier. « Je m’appelle Jan Paternotte, de D66 », a déclaré ce mercredi matin un membre de la délégation devant les portes de la zone de formation de la Chambre des représentants, avant d’être finalement autorisé à entrer après avoir précisé qu’il participait à la « table des seconds ».

« Prendre ses responsabilités »

La question centrale demeure : le futur gouvernement sera-t-il une coalition minoritaire composée de trois partis, ne disposant que de 66 sièges à la Chambre ? Ou d’autres partis seront-ils intégrés ? Rob Jetten, chef du parti D66, a vu son projet de coalition avec le VVD et GroenLinks-PvdA échouer, le VVD ayant refusé de participer.

Le VVD est désormais le seul partenaire potentiel de D66, tandis que GroenLinks-PvdA a été écarté. Cette situation suscite de vives tensions au sein de ce dernier parti, qui ne se sent pas le bienvenu dans une coalition majoritaire, mais se voit néanmoins demander par les partis en négociation d’« assumer ses responsabilités » une fois la coalition minoritaire formée.

Si la coalition se limite à ces trois partis, elle aura cruellement besoin du soutien de l’opposition de gauche, notamment pour l’adoption de nouvelles mesures concernant l’azote. Cette situation pourrait être stratégiquement avantageuse pour Jesse Klaver, chef de GroenLinks-PvdA, qui pourrait ainsi formuler des revendications et renforcer le profil idéologique de son parti en se positionnant en opposition. Cependant, GroenLinks-PvdA ne manifeste actuellement aucune volonté de soutenir une éventuelle coalition minoritaire dirigée par Jetten.

Ni Jesse Klaver, ni JA21 ne figurent pour l’instant sur la liste des interlocuteurs de Letschert. La situation est différente à droite, où JA21 n’est pas explicitement exclu, laissant ouverte la possibilité d’une participation à la coalition. L’ampleur de cette possibilité reste cependant incertaine. Les chefs des partis ont abordé cette question lors de leur réunion de lundi, après une retraite au domaine De Zwaluuwenberg à Hilversum.

« Je ne souhaite faire aucun commentaire sur la formation. »

Joost Eerdmans, chef du parti JA21

JA21 semble nourrir de l’espoir. Son chef, Joost Eerdmans, a refusé de faire toute déclaration sur la formation cette semaine. « Je ne souhaite vraiment rien dire du tout », a-t-il affirmé devant son bureau en début de semaine, ajoutant qu’il ne lui incombait pas de se plaindre s’il n’était pas invité à la table des négociations.

JA21 pourrait permettre à la coalition d’atteindre les 75 sièges nécessaires à une majorité parlementaire. L’ajout d’un cinquième parti, comme 50Plus, pourrait même conduire à une majorité absolue. Cependant, cette option semble peu probable pour l’instant, même au sein du VVD, où subsistent des doutes quant à la stabilité de JA21. Faut-il résoudre un problème de majorité en en créant un autre, lié à l’imprévisibilité d’un partenaire de coalition ?

« Émopopulisme »

Les partis impliqués dans les négociations ont généralement pour habitude de se montrer discrets. Mais l’attitude de JA21 au Parlement soulève des questions quant à la sincérité de ses intentions. Lors du débat sur la formation la semaine dernière, JA21 a voté en faveur d’une motion du PVV prônant un arrêt total de l’asile.

Un autre incident a eu lieu lors d’un débat sur l’extraction de gaz naturel à Groningue. Le député Ranjith Clemminck (JA21) a accusé d’autres groupes parlementaires d’« émopopulisme » en raison de leur opposition à la reprise de l’extraction de gaz. JA21 est favorable à cette reprise, ce qui a suscité des réactions acerbes, notamment de la part de D66, dont le député Hans Vijlbrief, ancien secrétaire d’État aux Mines, est particulièrement sensible aux problèmes liés aux tremblements de terre à Groningue. Les députés des partis en négociation ont exprimé leur surprise, estimant que JA21 est un parti dont les positions sont difficiles à cerner.

Une collaboration avec JA21 s’annonce particulièrement délicate pour D66, même si Jetten n’a pas définitivement exclu le parti d’Eerdmans. Lundi après-midi, le député D66 Joost Sneller a été confronté à cette question lors d’une rencontre à Nieuwspoort, où il a reçu un rapport du Democracy Monitor évaluant les propositions des différents partis en matière de renforcement de la démocratie.

Un participant a soulevé la question de JA21 et de l’évaluation de l’état de droit de son programme électoral par l’Association du barreau néerlandais. JA21 figurait parmi les pires résultats. « Je sais que vous préféreriez ne pas envisager JA21 », a déclaré un interlocuteur inquiet à Sneller. « Mais quelle est votre véritable position ? » Sneller a répondu qu’il constatait des « éléments inquiétants » dans la réponse de JA21 au test de l’état de droit, regrettant l’absence de réflexion sur les conséquences potentielles. Une voix s’est élevée du public, mais Sneller n’a pas donné de réponse claire.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.