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Envisager les villes comme des sites et des acteurs du développement durable : leçons du Dialogue transpacifique sur la durabilité de 2025

Manille, Philippines – Le Dialogue transpacifique sur la durabilité (TPSD), qui s'est tenu récemment à Manille en pleine crise climatique, a souligné l'urgence d'une action concertée pour renforcer la résilience des villes face aux catastrophes naturelles et promouvoir…

Envisager les villes comme des sites et des acteurs du développement durable : leçons du Dialogue transpacifique sur la durabilité de 2025

Manille, Philippines – Le Dialogue transpacifique sur la durabilité (TPSD), qui s’est tenu récemment à Manille en pleine crise climatique, a souligné l’urgence d’une action concertée pour renforcer la résilience des villes face aux catastrophes naturelles et promouvoir un développement durable inclusif. Cet événement, le premier de son genre aux Philippines, intervient alors que l’archipel est confronté à une succession de typhons dévastateurs.

  • Les Philippines, parmi les pays les plus vulnérables aux catastrophes au monde, ont été frappées par deux typhons majeurs en quelques jours : Kalmaegi et Fung-wong (Uwan localement).
  • Le TPSD a mis en avant l’importance de l’Objectif de développement durable (ODD) 11 des Nations unies, axé sur les villes et les communautés durables, comme cadre central pour la collaboration et l’action.
  • Les participants ont souligné la nécessité d’intégrer les principes de durabilité dans les politiques nationales et locales, tout en reconnaissant les défis liés à l’accès aux technologies de décarbonation et aux inégalités régionales.

Le Dialogue transpacifique sur la durabilité s’est tenu dans un contexte particulièrement critique pour les Philippines. Alors que les discussions étaient en cours, le pays se préparait à l’arrivée du super typhon Fung-wong, dont la bande de pluie et de vent s’étendait sur 1 600 km (994 miles) et menaçait les deux tiers de l’archipel. Ce typhon survient après le passage dévastateur de Kalmaegi, qui a déjà déplacé près de 500 000 personnes. Ces événements rappellent avec force la vulnérabilité des Philippines, régulièrement classées parmi les nations les plus exposées aux risques de catastrophe dans le Rapport mondial sur les risques.

L’année précédente, les Philippines ont subi l’impact de six typhons consécutifs en seulement 25 jours, causant des dommages considérables : 480 000 maisons endommagées ou détruites, 11 millions de personnes déplacées, et des pertes estimées à 15,6 milliards de pesos philippins (274 millions de dollars américains) dans les secteurs de l’agriculture, du logement et des infrastructures. Comme l’a souligné Cheryl Alipio, directrice associée de l’APARC pour les programmes et les politiques, lors de l’ouverture du TPSD, ces catastrophes constituent un « rappel poignant de l’importance et de l’urgence du dialogue, ainsi que de la nécessité plus large de construire des systèmes urbains résilients, adaptatifs et inclusifs, capables de résister aux défis croissants du changement climatique ». Kiyoteru Tsutsui, directeur de l’APARC, a également insisté sur le dynamisme et le potentiel des villes d’Asie du Sud-Est, qualifiant Manille de « métropole dynamique qui capture les prémisses, les promesses et les pressions d’une urbanisation rapide ».

Le TPSD a permis de mettre en lumière l’expertise de divers acteurs et de dégager des thèmes clés liés à la construction de villes et de communautés durables. Les discussions ont dépassé la simple réponse aux catastrophes pour aborder les défis et les opportunités liés au renforcement de la capacité des villes à prospérer face à des crises complexes.

L’événement a particulièrement mis l’accent sur l’ODD 11, qui, selon l’ambassadeur Kim Sook, directrice exécutive de la Fondation Ban Ki-moon pour un avenir meilleur, « touche presque tous les aspects de la société et de l’économie, et est finalement lié au succès de l’ensemble du Programme de développement durable à l’horizon 2030 ». Elle a ajouté :

« Les villes sont les épicentres à la fois des problèmes et des solutions pour le développement durable, les infrastructures adaptatives, le logement abordable, les transports verts, les systèmes énergétiques efficaces et les services sociaux… cruciaux pour [a] juste un avenir résilient et à faibles émissions de carbone, et le bien-être de l’humanité. »

La portée de l’ODD 11 s’est reflétée dans la diversité des participants au dialogue, incluant des universitaires, des responsables politiques, des représentants d’organisations internationales et des dirigeants d’entreprises. Les gouvernements nationaux s’efforcent d’intégrer les ODD et les normes de durabilité dans leurs politiques, comme le Plan de développement des Philippines (présenté par Arsenio M. Balisacan) et le plan directeur de développement d’Oulan-Bator en Mongolie (Nominchimeg Odsuren), dans le but de créer des villes plus vivables. Cependant, les villes évoluent souvent plus rapidement que l’élaboration et la mise en œuvre des politiques.

Des exemples concrets ont été présentés, illustrant l’évolution rapide des villes et la nécessité d’une planification urbaine innovante. Aux Philippines, les partenariats public-privé, comme le développement historique du Triangle d’Ayala dans le quartier central des affaires de Makati (Cezar P. Condent) et la croissance économique de Bonifacio Global City à Taguig (Henry L. Yap), témoignent de cette dynamique. À l’étranger, l’expansion du système de métro de Tokyo et l’intégration d’espaces verts (Norio Yamato) ainsi que les efforts pour atteindre la neutralité carbone dans les villes sud-coréennes grâce à des plateformes de données avancées (Parc Chang Sug) ont également été mis en avant.

Plusieurs intervenants ont souligné l’importance de s’attaquer aux sources d’énergie urbaines durables, notamment en abandonnant les moteurs à combustion interne pour réduire les îlots de chaleur urbains (Sohail Hasnie) et en mobilisant des mécanismes financiers tels que les obligations vertes et le financement climatique pour soutenir le développement d’infrastructures à faible émission de carbone (Dave H. Kim) et l’expansion du marché du carbone (Priyantha Wijayatunga). Cependant, Gita Wirjawan a rappelé la nécessité de tenir compte des obstacles à l’accès aux technologies de décarbonation, en particulier compte tenu des inégalités existantes entre le Nord et le Sud, ainsi qu’au sein des pays de la région.

Enfin, les participants ont souligné l’importance de traduire les politiques de développement durable au niveau local, en adaptant les initiatives aux contextes spécifiques et en renforçant les capacités des communautés. Cela inclut la mise en place de systèmes d’alerte précoce communautaires, la promotion de solutions fondées sur la nature et la définition locale du logement sûr et abordable (Gwendolyn T.Pang). Des efforts sont également déployés pour communiquer efficacement sur le changement climatique et la résilience aux catastrophes, en utilisant des approches accessibles et culturellement pertinentes, telles que l’art, la danse et les contes pour les jeunes (Glécy Atienza).

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.