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Le plus grand chien d’attaque de Donald Trump est l’héritage de Joe Biden

L'indépendance des agences de régulation aux États-Unis est en train de s'effriter, révélant une prise de contrôle politique inquiétante. Lors d'une audition au Congrès mercredi, le président de la Commission fédérale des communications (FCC) a démontré une soumission…

Le plus grand chien d’attaque de Donald Trump est l’héritage de Joe Biden

L’indépendance des agences de régulation aux États-Unis est en train de s’effriter, révélant une prise de contrôle politique inquiétante. Lors d’une audition au Congrès mercredi, le président de la Commission fédérale des communications (FCC) a démontré une soumission troublante à l’influence de l’exécutif, illustrant une dérive autoritaire qui menace les fondements de la démocratie américaine.

Au cœur des préoccupations, le refus de Brendan Carr, le président de la FCC, de dénoncer une éventuelle pression de la Maison Blanche sur les médias. Interrogé sur la question de savoir si le président des États-Unis était son supérieur, il s’est abstenu de répondre, suggérant même qu’il pouvait être limogé « pour n’importe quelle raison ou sans raison ». Cette attitude a suscité l’indignation du sénateur Andy Kim, qui a rappelé avec force que « le peuple américain est votre patron. »

L’affaire prend une dimension encore plus alarmante avec la modification en temps réel du site web de la FCC. Quelques minutes après que Carr ait affirmé devant le Sénat que l’agence n’était pas indépendante, le mot « indépendant » a été effacé de sa description officielle, un geste symbolique qui témoigne d’une normalisation inquiétante du contrôle politique.

Carr est accusé d’avoir transformé la FCC en un instrument au service d’une idéologie politique. Il utilise une règle, initialement conçue pour être rarement applicable en raison des protections constitutionnelles de la liberté d’expression, pour intimider les radiodiffuseurs qui diffusent des contenus critiques à l’égard de Donald Trump. Des plaintes frivoles ont été rouvertes contre CBS, ABC et NBC, et la révocation de licences d’affiliation locales est ouvertement envisagée, menaçant notamment Disney.

L’incident impliquant l’animateur de télévision Jimmy Kimmel illustre cette pression. Après que Kimmel ait plaisanté sur la réaction de l’extrême droite à un événement, Carr a pris la parole sur le podcast d’un influenceur pro-Trump pour avertir les stations locales qu’elles pourraient vouloir cesser de diffuser l’émission de Kimmel, ce qui a conduit à une suspension temporaire de l’animateur.

Carr insiste sur le fait qu’il applique simplement une « norme d’intérêt public », mais cette justification est jugée fallacieuse. La FCC n’a pas révoqué de licence de diffusion sur cette base depuis plus de trente ans. Son comportement est perçu comme celui d’un exécutant dévoué, plutôt que d’un arbitre neutre.

Cette situation est d’autant plus préoccupante que la nomination de Carr a été confirmée à l’unanimité par le Sénat à trois reprises, et que l’administration Biden l’a reconduit, estimant à tort que ses déclarations sur l’indépendance et la liberté d’expression étaient sincères. Cet échec de jugement n’est pas isolé. L’administration Biden a également fait preuve de confiance envers des personnalités qui se sont avérées peu fiables dans la défense des institutions démocratiques, comme Merrick Garland, Christopher Wray et Louis DeJoy.

Les démocrates sont critiqués pour avoir continué à privilégier le bipartisme, alors que l’opposition semble désormais animée par une volonté de démantèlement de la démocratie. L’incapacité du parti à faire adopter des réformes, comme la nomination de Gigi Sohn, une réformatrice des télécommunications progressiste, a contribué à la situation actuelle. L’administration Biden a préféré accommoder les républicains, aboutissant à une FCC armée et hostile à l’indépendance.

Si l’administration Biden a réussi à stabiliser l’économie en 2021, son héritage risque d’être marqué par son incapacité à endiguer la montée de l’autoritarisme, et même par sa contribution involontaire à cette dérive, en raison d’une confiance mal placée.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.