Publié le 18 décembre 2025 13:41:00. L’Indonésie tire la sonnette d’alarme face à la prolifération des escroqueries en ligne, qu’elle considère comme une crise de sécurité humaine et une menace régionale nécessitant une réponse internationale coordonnée. Le pays plaide pour une coopération renforcée afin de démanteler les réseaux criminels et protéger les victimes.
- L’Indonésie estime que les escroqueries en ligne sont passées de crimes isolés à une activité criminelle organisée à l’échelle industrielle.
- Le pays appelle à une coopération transfrontalière accrue, notamment en matière de partage de renseignements et d’opérations conjointes.
- Plus de 12 000 Indonésiens auraient été victimes d’escroqueries en ligne entre 2021 et 2025, certains étant ensuite victimes de trafic et forcés de travailler dans des centres d’escroquerie en Asie du Sud-Est.
Lors d’une session de haut niveau de la Conférence internationale sur le partenariat mondial contre les escroqueries en ligne, qui s’est tenue à Bangkok, le vice-ministre indonésien des Affaires étrangères, Arrmanatha C. Nasir, a souligné l’urgence d’une action collective. Il a insisté sur le fait qu’aucun pays ne peut faire face seul à cette menace grandissante.
« Notre réponse doit être collective, coordonnée et de portée mondiale. »
Arrmanatha C. Nasir, vice-ministre indonésien des Affaires étrangères
Selon le ministère indonésien des Affaires étrangères, M. Nasir a présenté trois domaines prioritaires pour une action mondiale. Il a d’abord plaidé pour une coopération transfrontalière renforcée en matière d’application de la loi, avec un partage de renseignements en temps réel et des opérations conjointes pour démanteler les groupes criminels organisés. Ensuite, il a mis l’accent sur la nécessité d’une coopération financière et cybernétique accrue, impliquant les unités de renseignement financier et les régulateurs numériques, afin de perturber les flux financiers illicites liés à ces escroqueries.
Enfin, M. Nasir a souligné l’importance de placer les victimes au centre de la réponse, en mettant en œuvre des mesures de protection, de réadaptation et de réintégration. Il a également souligné que les mécanismes existants, tels que le processus de Bali, l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) et la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée, pourraient être mobilisés pour renforcer la lutte contre ces activités criminelles.
« L’indifférence crée un espace pour les criminels, mais la coopération crée la sécurité. »
Arrmanatha C. Nasir, vice-ministre indonésien des Affaires étrangères
La conférence de Bangkok, organisée par le gouvernement thaïlandais et l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), avait pour objectif d’établir un partenariat mondial pour lutter contre les escroqueries en ligne. L’Indonésie a récemment rapatrié 54 citoyens secourus d’un centre d’escroquerie au Myanmar et a confirmé que 110 de ses citoyens sont en sécurité dans une affaire d’escroquerie en ligne au Cambodge, illustrant l’ampleur du problème.