Publié le 19 décembre 2025 06:49:00. La ville de Nanto, dans la préfecture de Toyama, au Japon, se prépare à accueillir un gigantesque complexe de centres de données, le plus important du pays, pour répondre à la demande croissante liée à l’intelligence artificielle et aux services cloud.
- Ce futur centre de données, d’une capacité de 3,1 gigawatts, ambitionne de rivaliser avec les plus grands projets mondiaux, dont le projet Stargate d’OpenAI.
- Le gouvernement japonais soutient cette diversification régionale pour pallier la concentration actuelle des infrastructures dans les zones métropolitaines de Tokyo et Osaka.
- La région de Nanto, moins exposée aux risques sismiques et bénéficiant d’une offre énergétique abondante, a été choisie pour ce projet d’envergure.
La ville de Nanto, située dans la préfecture de Toyama, près de la mer du Japon, s’apprête à annoncer officiellement, ce vendredi, la construction d’un nouveau pôle de centres de données en collaboration avec le développeur privé GigaStream Toyama. Ce projet, d’une ampleur inédite pour le Japon, atteindra une capacité totale de 3,1 gigawatts (3 100 mégawatts), ce qui en fera le plus grand complexe de ce type dans le pays.
Une fois achevé, ce centre de données se positionnera parmi les plus importants au monde, comparable en taille au projet Stargate d’OpenAI, estimé à 500 milliards de dollars et d’une capacité de 10 gigawatts. La demande en infrastructures de stockage et de traitement de données explose, portée par le développement rapide de l’intelligence artificielle et des services cloud. Cependant, le Japon peine à trouver des sites adaptés pour accueillir de nouveaux centres de données, capables de résister aux catastrophes naturelles.
Actuellement, environ 85 % des centres de données japonais sont concentrés dans les régions de Tokyo et d’Osaka. Le gouvernement japonais considère qu’une diversification géographique est essentielle pour éviter les goulets d’étranglement et assurer la continuité des services. Nanto, distante d’environ 250 kilomètres (155 miles) de ces deux grandes métropoles, présente un profil favorable en termes de risques naturels. Selon l’Agence météorologique japonaise, la préfecture de Toyama est l’une des zones les moins touchées par les tremblements de terre.
La première phase du campus de Nanto devrait offrir une capacité électrique d’environ 400 mégawatts, comparable à celle des plus grands centres de données déjà annoncés au Japon. Ce nouveau pôle devrait attirer des opérateurs de premier plan, tels qu’Amazon AMZN, Microsoft MSFT et Google GOOG (Alphabet).
Selon le plan public-privé, la mise en service du centre de données est prévue pour la fin de l’année 2028. GigaStream Toyama, spécialisée dans la préparation des infrastructures pour les opérateurs de centres de données – un modèle économique similaire à celui des entreprises américaines Lancium et Tract – prévoit de promouvoir le campus de Nanto lors de la conférence du Pacific Telecommunications Council qui se tiendra à Honolulu le mois prochain.
L’entreprise est dirigée par Daniel Cox, un professionnel expérimenté du marché immobilier japonais, fort de 25 ans d’expérience. Les responsables de la ville de Nanto et de GigaStream Toyama se sont refusés à tout commentaire, annonçant une communication officielle prochaine.
Le marché japonais des centres de données devrait connaître une croissance spectaculaire, presque doubler pour atteindre plus de 5 000 milliards de yens (32 milliards de dollars) d’ici 2028, selon le cabinet d’études IDC Japon. Le gouvernement espère que ce secteur contribuera à atteindre son objectif d’attirer 120 000 milliards de yens d’investissements directs étrangers d’ici 2030, contre 53 300 milliards de yens en 2024.
Contrairement à l’est du Japon, la région occidentale bénéficie d’une offre électrique plus abondante et généralement moins coûteuse, grâce à des entreprises telles que Hokuriku Electric Power 9505, Kansai Electric Power 9503 et Electric Power Development (J-Power) 9513, ainsi que d’autres opérateurs plus modestes. Hokuriku Electric, par exemple, vend actuellement moins de la moitié de sa production potentielle maximale, même sans la fermeture de sa centrale nucléaire de Shika.
(1 dollar = 155,4700 yens)