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Meilleurs films de 2025 aux États-Unis : No 1 – Une bataille après l’autre | Culture

Publié le 19 décembre 2023 18:45. Le dernier film de Thomas Anderson, One Battle After Another, une œuvre déconcertante et visuellement époustouflante, divise la critique et suscite un débat passionné sur son interprétation, tandis que certains saluent sa…

Meilleurs films de 2025 aux États-Unis : No 1 – Une bataille après l’autre | Culture

Publié le 19 décembre 2023 18:45. Le dernier film de Thomas Anderson, One Battle After Another, une œuvre déconcertante et visuellement époustouflante, divise la critique et suscite un débat passionné sur son interprétation, tandis que certains saluent sa réalisation impeccable, d’autres peinent à s’identifier à ses personnages.

  • Le film, inspiré du roman Vineland de Thomas Pynchon, explore les thèmes de la résistance, de la tyrannie et de la crise identitaire dans une Amérique contemporaine ambiguë.
  • La performance de Leonardo DiCaprio, Sean Penn et Teyana Taylor est unanimement saluée, malgré le manque d’empathie que certains spectateurs peuvent ressentir pour leurs personnages.
  • La bande originale de Jonny Greenwood contribue à l’atmosphère sombre et inquiétante du film, renforçant son message de protestation.

One Battle After Another, le nouveau thriller dramatique de Thomas Anderson, est un véritable casse-tête cinématographique. L’œuvre, librement inspirée du roman Vineland de Thomas Pynchon, ne laisse personne indifférent. Si la réalisation est saluée comme étant d’un niveau exceptionnel, la signification profonde du film reste insaisissable, suscitant des interprétations divergentes.

Le scénariste et réalisateur Paul Schrader a exprimé son opinion de manière laconique sur les réseaux sociaux :

« La réalisation est de niveau A+, mais malgré tous mes efforts, je n’ai pas réussi à ressentir la moindre empathie pour Leonardo DiCaprio ou Sean Penn. J’ai attendu qu’ils meurent. »

Paul Schrader, scénariste et cinéaste

Paradoxalement, c’est précisément ce manque d’empathie pour les protagonistes qui rend le film captivant. Bob, interprété par DiCaprio, et Perfidia, incarnée par Taylor, sont des figures peu attachantes, évoluant vers une catastrophe inéluctable. Leur vulnérabilité et leur mortalité confèrent au film une énergie étrange, à la fois relaxante et inquiétante. Anderson signe une œuvre visuellement somptueuse, rappelant par son élégance le travail tardif de Stanley Kubrick, avec une conscience stylistique assumée.

La question de la temporalité et du lieu où se déroule l’action reste floue. S’agit-il des États-Unis d’il y a 10 ou 20 ans ? Ou d’une réalité alternative, d’une Amérique dystopique et déformée ? Cette distanciation par rapport à un monde contemporain reconnaissable est en partie due à l’adaptation de Pynchon, dont l’œuvre se caractérise par une imagination ludique et caricaturale. Le roman original se situait dans les années 1980, avec des flashbacks sur les années 1960. Anderson déplace l’action entre les présidences Obama et Trump, voire au-delà, explorant une nouvelle zone narrative.

Leonardo DiCaprio incarne Bob, un ancien révolutionnaire ayant participé à des actions militantes contre les centres de détention de migrants à la frontière mexicaine. Vieilli et aigri, il est devenu une ombre de lui-même. Son ancienne partenaire, Perfidia, est interprétée par la magnétique Teyana Taylor. Elle a réussi à séduire le colonel Steven Lockjaw, un officier du renseignement contre-insurrectionnel joué avec un fanatisme glaçant par Sean Penn. L’attirance obsessionnelle de Lockjaw pour Perfidia, mélange de fétichisme racial et d’une fascination abjecte, est un élément central de l’intrigue. Perfidia tente d’utiliser cette obsession pour contrôler l’opposition militaire, mais tout dérape lorsqu’elle tombe enceinte.

La paternité de l’enfant à naître, Willa (interprétée par Chase Infiniti), devient un enjeu majeur du film. Qui est le véritable père : le réactionnaire Lockjaw ou le radical Bob ? Cette question symbolise la crise identitaire qui traverse l’Amérique contemporaine.

Outre les performances exceptionnelles de DiCaprio, Penn, Taylor et Infiniti, la bande originale de Jonny Greenwood est particulièrement remarquable. One Battle After Another est une véritable chanson de protestation, dénonçant la cruauté, le despotisme et l’héroïsme de la dissidence.

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À propos de l’auteur: Antoine Girard

Antoine Girard couvre la culture et le divertissement, du cinéma à la musique en passant par les séries, les livres et les arts visuels. Il cherche à éclairer les œuvres, les tendances et leur réception.