Publié le 19 décembre 2025 16:01:00. L’essor fulgurant de l’intelligence artificielle (IA) engendre une demande énergétique sans précédent, grevant les factures d’électricité des citoyens américains. Face à cette situation, trois sénateurs démocrates lancent une enquête sur les pratiques des géants de la technologie.
- Une enquête est ouverte par des sénateurs américains sur la consommation énergétique des centres de données des grandes entreprises technologiques.
- L’augmentation de la demande d’électricité par ces centres de données contribue à la hausse des factures d’électricité pour les particuliers.
- Des solutions alternatives, comme l’implantation de centres de données dans l’espace ou en milieu marin, sont envisagées, mais suscitent des interrogations.
La consommation électrique des centres de données, déjà importante, est appelée à exploser avec le développement de l’IA. Selon les estimations, elle pourrait tripler d’ici 2030, atteignant un niveau comparable à la consommation énergétique de l’Inde. Cette situation inédite met à rude épreuve le réseau électrique américain et soulève des questions politiques cruciales.
Les sénateurs démocrates ont adressé des lettres formelles à Microsoft, Google, Meta, Amazon, CoreWeave et d’autres acteurs majeurs du secteur, leur demandant de fournir des détails précis sur leur consommation énergétique. Cette initiative intervient dans un contexte de forte sensibilité politique, où la hausse des factures d’électricité est devenue un enjeu électoral majeur, notamment en Virginie, l’État américain abritant le plus grand nombre de centres de données au monde. La campagne de la gouverneure Abigail Spanberger, par exemple, intégrait des propositions visant à faire en sorte que les centres de données « paient leur juste part ».
Au cours des vingt dernières années, la demande d’énergie aux États-Unis est restée relativement stable. Or, la croissance de la consommation des centres de données a été exponentielle. En 2023, ces infrastructures ont accaparé 4 % de l’électricité produite dans le pays, un chiffre qui pourrait grimper jusqu’à 12 % en 2028, selon un rapport du département américain de l’Énergie.
Cette augmentation soudaine de la demande oblige les compagnies d’électricité à moderniser leurs infrastructures, un coût partiellement assumé par les entreprises technologiques, mais finalement répercuté sur les consommateurs. Certaines entreprises, comme Amazon, affirment assumer l’intégralité des coûts et contribuer à l’amélioration du réseau, mais ces déclarations sont nuancées par l’obtention de réductions tarifaires substantielles. En 2024, Amazon a ainsi sollicité auprès des autorités de l’Ohio une réduction sur le prix de l’électricité pour son nouveau centre de données, une remise qui pourrait atteindre 135 millions de dollars sur dix ans, selon des informations rapportées par Business Insider. L’opacité entourant ces accords suscite des inquiétudes.
Une étude de la Harvard Electricity Law Initiative, analysant plus de 50 cas réglementaires, révèle que les compagnies d’électricité offrent fréquemment des subventions aux entreprises technologiques pour les attirer, compensant ensuite ces réductions en augmentant les tarifs pour tous les abonnés.
Selon l’ Administration d’information sur l’énergie des États-Unis, le prix de l’électricité a augmenté de 7 % en septembre 2025 par rapport à la même période de l’année précédente. Dans les villes proches des centres de données, les augmentations atteignent des niveaux alarmants, avec une hausse de 267 % constatée dans certains cas, une situation financièrement insoutenable pour de nombreux foyers, comme le souligne un article de Xataka.
Certains États commencent à légiférer pour protéger les consommateurs. Le Michigan a mis en place des règles spécifiques pour les centres de données, les obligeant à signer des contrats à long terme (au moins 15 ans), à s’exposer à des pénalités en cas de résiliation anticipée et à payer au moins 80 % de l’électricité souscrite, même si elle n’est pas utilisée. Ils doivent également assumer tous les coûts liés à l’extension du réseau pour les desservir.
Cependant, ces initiatives pourraient être compromises par un décret signé par l’ancien président Trump, qui limite la capacité des États à adopter des lois susceptibles de freiner le développement de l’IA, dans le contexte de la compétition avec la Chine.
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