Publié le 20 décembre 2025 à 06h57 (heure de La Mecque). Après plus de cinq ans de sanctions économiques sévères, la Syrie célèbre la levée complète des restrictions financières et commerciales, marquant un tournant potentiel pour le pays ravagé par la guerre.
Le président syrien Ahmed Al-Charaa a salué la décision, qualifiant le jour de la levée des sanctions de « premier jour en Syrie sans sanctions » et appelant à une ère de reconstruction nationale. S’exprimant depuis le pied du mont Qasioun surplombant Damas, il a rendu hommage à ceux qui ont souffert pendant le conflit.
« Un grand merci à tous ceux qui se sont sacrifiés et ont fait preuve de patience pendant la révolution, à tous ceux qui ont inhalé des produits chimiques, à tous ceux qui ont immigré et quitté leur terre, à tous ceux qui se sont noyés dans les mers et au sang des martyrs, jusqu’à ce que nous obtenions cette grande victoire. »
Ahmed Al-Charaa, président syrien
La levée des sanctions fait suite à l’adoption par le Congrès américain de la loi d’autorisation de la défense nationale pour 2026, qui comprenait une disposition visant à abroger les sanctions imposées en vertu de la « loi César ». Cette loi, adoptée en 2019, visait à punir les responsables du régime de Bachar al-Assad pour les crimes de guerre et les violations des droits de l’homme commis contre les civils. Plus d’informations sur la loi César.
Le président Al-Charaa a exprimé sa gratitude envers le président américain Donald Trump et les membres du Congrès pour avoir répondu à l’appel à la levée des sanctions. Il a également remercié le président turc Recep Tayyip Erdogan, l’émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane Al Saoud, ainsi que tous les pays arabes, islamiques et européens qui ont soutenu le peuple syrien pendant le conflit.
L’abrogation de ces sanctions ouvre la voie à un afflux potentiel d’investissements étrangers et d’aide humanitaire, essentiels pour relancer l’économie syrienne et reconstruire les infrastructures dévastées par plus de dix ans de guerre civile. Le 8 décembre 2024, la chute du régime de Bachar al-Assad, au pouvoir depuis 2000 (ayant succédé à son père Hafez al-Assad, qui a gouverné de 1971 à 2000), a marqué un moment clé dans l’histoire récente du pays. Damas a vu l’entrée des rebelles syriens, annonçant la fin de l’administration précédente.
Le président Al-Charaa a conclu en lançant un appel à l’unité nationale :
« Le temps de la douleur est passé et le temps de la construction a commencé. Main dans la main, nous construirons ce pays jusqu’à atteindre les plus hauts niveaux. »