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Village de Schinznach : le canton retire les caméras illégales de l’enceinte de l’école

by Nicolas Lefèvre

Publié le 2025-12-20 07:17:00. Une école primaire du canton d’Argovie a secrètement filmé ses élèves pendant 16 ans, sans aucune base légale. L’intervention du délégué à la protection des données a mis fin à cette surveillance illégale en octobre 2025.

  • Une école de Schinznach-Dorf a utilisé des caméras de surveillance pendant 16 ans sans autorisation.
  • Ces caméras filmaient en continu les entrées, les aires de jeux et les zones de repos de l’établissement.
  • Le délégué à la protection des données d’Argovie a ordonné le démontage des caméras en octobre 2025.

L’école primaire de Schinznach-Dorf a opéré pendant plus de seize ans avec un système de vidéosurveillance non autorisé. Des caméras ont enregistré 24 heures sur 24 les entrées du bâtiment scolaire, la cour de récréation et les espaces de détente des élèves. Selon le Journal d’Argovie (AZ), deux mannequins représentant des personnes ont également été retirés lors de cette opération.

Alertée en mars 2024, la responsable argovienne de la protection des données, Katrin Gisler, a demandé à la commune de se conformer à la législation en matière de protection des données. Des réglementations ont été soumises, mais elles se sont avérées insuffisantes, notamment par l’absence d’un plan de situation précis indiquant l’emplacement des caméras. Malgré plusieurs rappels, une recommandation officielle et même un ordre susceptible d’appel, la situation n’a pas évolué. C’est finalement, après l’expiration du dernier délai, que Katrin Gisler a fait procéder au démontage des systèmes sous sa propre responsabilité. L’AZ souligne qu’il s’agit d’un cas sans précédent dans le canton d’Argovie.

Des images difficilement exploitables devant la justice

La mise en place de ce système de surveillance faisait suite à des actes de vandalisme et à un incendie criminel sur la façade de l’école. La municipalité a indiqué que les enregistrements n’avaient été visionnés que très rarement depuis leur installation, et qu’aucune identification n’avait pu être effectuée. En l’absence de base légale, les images recueillies auraient de toute façon eu peu de valeur probante devant un tribunal. Les procureurs ont confirmé qu’elles n’avaient pas été utilisées dans le cadre de l’enquête sur les actes de vandalisme de 2023, les auteurs présumés ayant été identifiés par d’autres moyens.

Selon Katrin Gisler, l’utilisation de caméras de surveillance dans les espaces publics doit être strictement encadrée pour garantir le respect de la vie privée des citoyens.

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