Publié le 20 décembre 2025 à 04h15. Washington a annoncé des restrictions de visa à l’encontre de responsables honduriens, accusés d’ingérence dans le décompte des voix de l’élection présidentielle du 30 novembre, alors que le processus de recomptage est entaché d’irrégularités.
- Les États-Unis ont imposé des restrictions de visa à plusieurs fonctionnaires honduriens, dont un magistrat du Tribunal de justice électorale et un conseiller du Conseil national électoral.
- Ces mesures sont justifiées par des accusations d’ingérence dans le processus électoral et visent à protéger la stabilité régionale.
- Le recomptage des voix, entaché de 2 792 incohérences, est au cœur des tensions politiques au Honduras.
Washington a frappé un coup d’arrêt aux responsables honduriens soupçonnés de manipuler le décompte des voix de l’élection présidentielle. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a annoncé ce vendredi l’application de restrictions de visa à plusieurs personnalités clés, dans un contexte de vives tensions et d’allégations de fraude.
Le visa de Mario Morazán, magistrat du Tribunal de justice électorale (CJCE), a été révoqué pour avoir, selon les autorités américaines, « entravé le décompte des voix dans le processus électoral démocratique du Honduras ». De plus, la demande de visa de Marlon Ochoa, conseiller du Conseil national électoral (CNE), a été rejetée. Les États-Unis ont également engagé des procédures pour restreindre l’entrée d’une autre personne impliquée dans le processus électoral.
Le président du Congrès national, Luis Redondo, a également vu son visa américain révoqué, selon le service des douanes et de la protection des frontières (CBP) des États-Unis. Ces mesures s’appuient sur la législation américaine en matière d’immigration et de nationalité, qui permet de bloquer l’entrée de ceux qui mènent des activités susceptibles d’avoir des conséquences négatives sur la politique étrangère américaine.
« Les États-Unis ne toléreront pas les actions qui compromettent notre sécurité nationale ou la stabilité de notre région. »
Marco Rubio, secrétaire d’État américain
Rubio a souligné que son administration évaluerait « toutes les mesures appropriées pour dissuader ceux qui entravent le décompte des voix au Honduras ». L’annonce intervient après que le CNE a entamé un examen minutieux de 2 792 procès-verbaux présentant des incohérences, plus de vingt jours après le scrutin.
Avec 99,80 % des votes dépouillés, les données préliminaires du CNE placent Nasry Asfoura (Parti National) en tête avec 40,54 % des voix, suivi de Salvador Nasralla (Parti Libéral) avec 39,20 %. Le décompte se déroule au Centre de logistique électorale de l’Institut National de Formation Professionnelle (Infop) à Tegucigalpa, sous l’observation de délégués nationaux et internationaux.
Jeudi dernier, les autorités américaines avaient déjà exhorté le CNE hondurien à lancer immédiatement l’examen spécial des résultats de l’élection présidentielle, face à une crise croissante due au manque de clarté sur le vainqueur. Le Bureau des Affaires de l’hémisphère occidental du Département d’État a insisté sur la nécessité pour le CNE de « lancer le décompte spécial des voix » afin de dissiper les allégations de fraude et de garantir la confiance des citoyens.
Le communiqué de presse avertissait également que « tout appel visant à troubler l’ordre public ou le travail du CNE aura des conséquences ». Parallèlement, la Mission d’observation électorale de l’OEA (MOE/OEA) a appelé mercredi tous les acteurs politiques à « éviter les affrontements » et à participer de manière institutionnelle au décompte des procès-verbaux litigieux.
« (La MOE/OEA) exhorte tous les acteurs à éviter les affrontements, à participer au décompte et à canaliser leurs désaccords à travers les canaux juridiques et institutionnels établis. »
Mission d’observation électorale de l’OEA (MOE/OEA)
Le recomptage spécial, initialement prévu le 13 décembre, a été reporté à plusieurs reprises en raison de problèmes administratifs, du manque d’accréditations pour les partis politiques et de difficultés techniques. L’OEA a réitéré son appel aux partis, aux autorités et aux forces de sécurité à « protéger le matériel électoral, le soutien et la représentation de la volonté populaire » exprimée lors des élections générales du 30 novembre. Elle a également souligné que garantir la sécurité des bureaux de vote et des processus électoraux est la responsabilité du gouvernement hondurien.
Ces préoccupations ont été renforcées par une demande du président du CNE, Original Suazo, qui a sollicité un renforcement de la présence des Forces armées et de la Police nationale à l’Infop, en raison de la mobilisation de partisans du parti Libre au pouvoir.
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