Publié le 26 octobre 2023. Les chutes représentent un danger croissant pour les personnes âgées, et une utilisation accrue de certains médicaments pourrait expliquer cette tendance inquiétante. Une attention particulière aux effets secondaires des traitements est donc essentielle pour prévenir les accidents.
- Plus d’un quart des personnes de plus de 65 ans déclarent chuter chaque année, avec des conséquences souvent graves comme des fractures de la hanche ou des traumatismes crâniens.
- L’utilisation de certains médicaments, notamment les somnifères, les antidépresseurs et les antipsychotiques, peut augmenter significativement le risque de chute chez les seniors.
- Il est crucial de discuter avec son médecin de tous les médicaments pris et de signaler tout effet secondaire tel que des étourdissements ou une somnolence.
Les chutes sont la principale cause de blessures et de décès liés à des traumatismes chez les personnes âgées aux États-Unis. Les statistiques sont alarmantes : plus d’une personne de plus de 65 ans sur quatre déclare chuter chaque année, et ces chutes entraînent fréquemment des blessures graves, notamment des fractures de la hanche et des traumatismes crâniens liés à des lésions cérébrales. Le nombre de décès liés aux chutes a plus que triplé en 30 ans, une augmentation que les chercheurs attribuent en partie à une consommation croissante de certains médicaments sur ordonnance.
Les personnes âgées sont naturellement plus vulnérables aux chutes en raison de facteurs tels que les déficiences sensorielles, les problèmes d’équilibre et de démarche, un environnement potentiellement dangereux et l’hypotension orthostatique (une baisse soudaine de la tension artérielle en se levant). Selon Cara McDermott, professeure adjointe de médecine gériatrique à la faculté de médecine de l’université Duke à Durham, en Caroline du Nord, certains médicaments peuvent encore aggraver ce risque.
Le vieillissement réduit également la capacité du corps à réagir efficacement en cas de chute, explique le Dr McDermott. La combinaison de cette perte de réflexes avec les effets secondaires de certains médicaments – affectant la perception, l’équilibre ou la coordination – augmente considérablement le risque d’accident.
1. Les médicaments Z
Les médicaments Z, tels que le zolpidem (Ambien), l’eszopiclone (Lunesta) et le zaleplon (Sonata), sont des sédatifs-hypnotiques prescrits pour traiter l’insomnie. Ils peuvent provoquer une hypotension orthostatique, des étourdissements, une sédation, une faiblesse musculaire et une ataxie (manque de coordination), augmentant ainsi le risque de chute. De plus, le corps des personnes âgées métabolise ces médicaments plus lentement, ce qui prolonge leur durée d’action et augmente le risque d’effets secondaires tels que la confusion, les troubles de la mémoire et l’instabilité.
« Le risque d’effets secondaires comme la confusion, les problèmes de mémoire et l’instabilité est plus élevé, ce qui rend la chute plus probable. »
Amy Shaver, chercheure postdoctorale à l’Université Thomas Jefferson de Philadelphie
Le risque de chute est particulièrement élevé chez les personnes qui commencent à prendre ces médicaments ou qui les utilisent sur une longue période.
2. Les benzodiazépines
Cette classe de médicaments sédatifs, comprenant l’alprazolam (Xanax), le lorazépam (Ativan) et le diazépam, est souvent prescrite pour traiter l’anxiété, l’insomnie et les convulsions. Les benzodiazépines peuvent provoquer une somnolence, un ralentissement des réflexes et des troubles de l’équilibre, augmentant ainsi le risque de chute. Elles persistent également plus longtemps dans l’organisme des personnes âgées, ce qui peut entraîner de la confusion.
La consommation d’alcool en association avec ces médicaments amplifie leurs effets, car les deux substances agissent sur le système nerveux central.
« Vous ne voulez certainement pas boire en prenant un benzo. »
Amy Shaver, chercheure postdoctorale à l’Université Thomas Jefferson de Philadelphie
3. Les antidépresseurs
Les antidépresseurs, tels que les inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine (ISRS) et les antidépresseurs tricycliques (ATC), sont associés à un risque accru de chute chez les personnes âgées. Une étude nationale menée en Corée a révélé que certains ISRS (escitalopram et paroxétine) et certains ATC (amitriptyline et imipramine) augmentaient considérablement le risque de blessures liées aux chutes.
Les ISRS peuvent provoquer une hypotension orthostatique, des étourdissements, une perte d’appétit et des nausées, ce qui peut entraîner une déshydratation et aggraver le risque de chute. Les ATC peuvent également provoquer une hypotension orthostatique et une somnolence.
4. Les antipsychotiques
Une étude menée en Irlande a montré qu’une prescription régulière d’antipsychotiques était associée à un risque accru de chutes chez les résidents de maisons de retraite. Ces médicaments peuvent augmenter le risque de chute en raison de leurs propriétés sédatives et de leurs effets sur le contrôle moteur.
5. Les antihypertenseurs
Bien que destinés à contrôler la tension artérielle, ces médicaments peuvent parfois la faire chuter trop bas, provoquant des étourdissements et une perte d’équilibre. Ce risque est particulièrement élevé au début du traitement, avant que le corps ne s’adapte.
Une étude portant sur des personnes âgées résidant en maisons de retraite a montré que celles qui commençaient à prendre de nouveaux médicaments pour traiter l’hypertension artérielle présentaient un risque accru de fractures et de chutes.
6. Les médicaments dopaminergiques
Les médicaments dopaminergiques, utilisés pour traiter des affections telles que la maladie de Parkinson, ont également été associés à des chutes. Une étude menée en Ontario, au Canada, a révélé que les personnes prenant des médicaments dopaminergiques et des antidépresseurs étaient les plus susceptibles de chuter.
7. Les anticonvulsivants
Des médicaments anticonvulsivants tels que la gabapentine, la prégabaline et la carbamazépine, prescrits pour l’épilepsie mais aussi pour la douleur neuropathique, sont liés à un risque accru de chute chez les personnes âgées, en particulier à des doses élevées.
8. Les opioïdes
Les opioïdes, tels que l’oxycodone, l’hydrocodone et la morphine, peuvent provoquer une somnolence, une hypotension orthostatique, des étourdissements et des troubles cognitifs, contribuant ainsi au risque de chute. Leur association avec d’autres médicaments, tels que les benzodiazépines, les sédatifs, les anticonvulsivants et les relaxants musculaires, augmente encore ce risque.
9. Les relaxants musculaires
Les relaxants musculaires, prescrits pour les spasmes musculaires et les douleurs chroniques, peuvent altérer la coordination et augmenter le risque de chute en raison de leurs effets sédatifs.
10. Les anticholinergiques
Ces médicaments, utilisés pour traiter diverses affections telles que la maladie de Parkinson, les allergies, la dépression et l’hyperactivité vésicale, peuvent provoquer une vision floue et une diminution de la contraction musculaire, nuisant à la marche et augmentant le risque de chutes.
Comment réduire votre risque de chute
Pour réduire le risque de chutes liées aux médicaments, il est essentiel de discuter avec son médecin de tous les traitements en cours, de signaler tout effet secondaire et de prendre des mesures pour sécuriser son environnement domestique.
« Les décisions concernant les médicaments doivent être prises en collaboration avec votre médecin, en tenant compte des préférences personnelles, des comorbidités et des antécédents de chutes. »
Cara McDermott, professeure adjointe de médecine gériatrique à l’université Duke
Il est également important d’éviter la consommation de drogues récréatives ou d’alcool en prenant des médicaments sur ordonnance et de s’assurer que son domicile est propre, dégagé et bien éclairé.
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