Publié le 22 décembre 2025 à 08h18. L’engouement pour l’intelligence artificielle ne se limite pas à la course aux puces, selon un investisseur en crédit qui identifie des opportunités insoupçonnées dans les infrastructures de données et les réseaux de télécommunication.
- Diameter Capital Partners mise sur les goulets d’étranglement créés par la demande croissante en IA, en particulier dans les domaines du transport de données et du spectre sans fil.
- L’entreprise a réalisé des profits significatifs en investissant dans la dette d’une société de télécommunications et d’une entreprise de satellites.
- L’investisseur met en garde contre les risques liés au financement des puces, notamment l’obsolescence rapide du matériel.
Le boom de l’intelligence artificielle est bien réel, mais les opportunités d’investissement ne se concentrent pas uniquement sur les fabricants de semi-conducteurs. C’est le constat d’un investisseur en crédit, Scott Goodwin, cofondateur et associé directeur de Diameter Capital Partners, qui estime que le secteur est entré dans un cycle de croissance durable.
Selon Goodwin, qui cite son associé Jonathan Lewinsohn, l’IA représente un bouleversement majeur à long terme. Cependant, il souligne qu’il ne s’agit pas seulement d’acheter les actions des entreprises les plus en vue. Diameter Capital, qui gère environ 25 milliards de dollars d’actifs, privilégie une approche plus nuancée, axée sur les domaines où la demande en IA pourrait créer des contraintes d’approvisionnement moins évidentes, et plus particulièrement sur les marchés du crédit.
L’opportunité de l’IA au-delà des puces
Cette stratégie a conduit l’entreprise à racheter en 2023 la dette non garantie d’une entreprise de télécommunications de taille moyenne. Goodwin explique que ce pari reposait sur l’idée que, à mesure que les entreprises passent de la phase de formation des modèles d’IA à leur déploiement effectif, la demande se déplacera des seules puces vers les réseaux qui transportent les données.
« Il fallait sortir du centre de données. Comment les données allaient-elles quitter le centre ? Cela impliquait la fibre optique, les canalisations… »
Scott Goodwin, cofondateur et associé directeur de Diameter Capital Partners
L’entreprise de télécommunications a ensuite signé des contrats d’une valeur supérieure à 10 milliards de dollars avec des fournisseurs de services cloud hyperscale, ce qui a permis à la dette de retrouver sa valeur nominale.
Diameter Capital a également réalisé un « pari important » sur une société de satellites détenant des licences de spectre sans fil. L’opération s’est avérée fructueuse après que la société a vendu ses actifs de spectre, permettant à la dette de revenir à sa valeur nominale.
Ces observations interviennent alors que le débat s’intensifie sur la pérennité des valorisations élevées des entreprises d’IA et sur le risque que les investisseurs passent à côté d’autres opportunités liées à cette technologie. Goldman Sachs s’est également exprimé sur ce sujet.
Risques et récompenses
Goodwin met en garde contre les risques potentiels liés à certaines parties du boom du crédit lié à l’IA, en particulier dans le financement des puces. Il souligne que certains investisseurs prennent un « risque résiduel », c’est-à-dire qu’ils parient sur la valeur que le matériel pourrait avoir dans plusieurs années. Or, les entreprises technologiques innovantes actualisent fréquemment leur technologie, ce qui peut rendre les puces rapidement obsolètes pour certains clients.
« Nous interrogeons des experts de la Silicon Valley et des grandes entreprises technologiques sur la valeur résiduelle de ces puces dans trois, quatre, cinq, six ou sept ans. Aucun d’entre eux n’a la moindre idée. »
Scott Goodwin, cofondateur et associé directeur de Diameter Capital Partners
Goodwin estime que la prochaine phase ne se limitera pas aux dépenses en infrastructures, mais qu’elle impliquera surtout une perturbation de la concurrence plutôt que des investissements en capital.
« Quelles entreprises, quelles entités vont adopter l’IA et prendre de l’avance sur leurs concurrents ? Et qui seront les perdants ? »
Scott Goodwin, cofondateur et associé directeur de Diameter Capital Partners
« Il s’agit en réalité d’un cycle plus long que le cycle d’investissement, ce qui est particulièrement intéressant », conclut-il.
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